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Pourquoi des milliers d'Américains suppriment l'application Uber de leur smartphone

Publié le

par Cyrielle Bedu

Source © Mark Warner / Flickr

Des chauffeurs Uber ont refusé de suivre la grève des taxis mise en place pour soutenir une manifestation contre le décret anti-immigration signé par Donald Trump. En réponse, des milliers d'utilisateurs du service ont supprimé l'application de leur smartphone.

© Mark Warner/Flickr

Samedi 28 janvier au soir, des milliers de New-Yorkais se rendaient à l'aéroport John Fitzgerald Kennedy (JFK) pour protester contre le décret anti-immigration mis en place par Donald Trump. Ce décret interdit aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Yémen, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Irak) d'entrer aux États-Unis pendant trois mois. Il barre également l'entrée aux réfugiés venus de ces pays pendant 90 jours, les demandes d'asile des Syriens étant même suspendues jusqu'à nouvel ordre.

Lors de la manifestation, le Syndicat des taxis new-yorkais a annoncé se mettre en grève, pour témoigner sa solidarité au mouvement. L'organisation a appelé à la mobilisation dans un message publié sur sa page Facebook. Dans celui-ci, le syndicat a fait référence au poème d'Emma Lazarus, gravé sur le piédestal de la statue de la liberté.

Traduction : " Ce message s’adresse à TOUS LES CHAUFFEURS ! TAXI, UBER, TOUS : ne prenez pas de voyageurs à l’aéroport JFK ce soir, samedi 28 janvier, de 18 à 19 heures. Soyez solidaires avec les milliers de personnes qui protestent face au décret inhumain et anticonstitutionnel contre les réfugiés et les voyageurs musulmans. Unissez-vous, frères et sœurs, pour un monde plus juste. Nous ne pouvons pas rester silencieux. Nous allons travailler pour accueillir les gens sur une terre qui nous a un jour accueillis. Nous sommes les rebuts, les fatigués, les affamés, les pauvres. Nous ne serons pas divisés. […] "

Tout le monde n'a cependant pas "joué le jeu". Des VTC Uber ont en effet cassé la grève en proposant leur service pour des trajets en direction de l'aéroport JFK. Certains internautes ont déploré cette initiative : accompagné du hashtag DeleteUber (ou Supprime Uber, en français), ils ont aussitôt publié des captures d'écran de leur portable, montrant qu'ils enlevaient l'application Uber de leur smartphone.

Selon certains, le fait qu'Uber ait continué à proposer ses services malgré la mise en place de la grève ne serait pas dû au hasard. Plusieurs internautes ont en effet établi un lien entre les bonnes relations du fondateur et PDG de Uber, Travis Kalanick, avec Donald Trump, et la volonté d'Uber de ne pas participer à cette grève des taxis. Depuis peu, le président de la société de VTC est en effet l'un des conseillers économiques du nouveau président américain.

Sur Twitter, Travis Kalanick, a souhaité se dissocier de la politique de Donald Trump. Dans une série de tweets, il a déclaré vouloir défendre les chauffeurs de son entreprise qui pourrait être touchés par le décret anti-immigration.

"Le décret anti-immigration est contre tout ce que nous défendons. Cela affecte des milliers de nos chauffeurs."

"Tout chauffeur qui ne peut pas travailler à cause du décret sera dédommagé financièrement pour ses pertes de revenus. Nous avons aussi créé un fonds de trois millions de dollars pour offrir une aide juridique."

"Je vais utiliser ma position au conseil économique du président pour défendre ce qui est juste."

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