Pourquoi cette vidéo de harcelement de rue pose problème

"Une femme marche dans les rues de New York pendant dix heures", c'est le titre de cette vidéo qui soulignait le harcelement de rue. Voilà pourquoi elle pose problème. 

Cette vidéo de harcelement, vous l'avez sûrement vue passer dans votre feed Facebook. En quelques jours, elle aura été visionnée plus de 15 millions de fois. À l'image, on entend des “How you doing today?” (Que fais-tu aujourd’hui ?) Avant qu’un de ses amis n’enchaîne, face au mutisme de la jeune femme : “Smile!” (Souris !) Puis un autre : “I guess not good” (Je présume que c’est pas bon), puis une autre voix qui crie de nouveau : “Smile !”. Tout cela pendant "dix heures" explique la vidéo.

Le problème, c'est que si l'on regarde bien les personnes qui lancent des réflexions à la jeune femme, c'est que vous ne trouverez aucun homme blanc. Des latinos, des hommes noirs, oui.

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Comme l'explique Slate, qui a relayé un post que l'agence Rob Bliss Creative (responsable de la vidéo) avait écrit sur le site Reddit, les hommes blancs ont été coupés au montage :

Nous avons eu beaucoup d'hommes blancs mais pour telle ou telle raison, beaucoup de choses qu’ils ont dites en passant ne sont pas sur l’enregistrement. Les scènes où on les voyait étaient bien plus courtes mais il y en avait autant que de scènes avec les autres hommes.

Il faut aussi dire que nous n'avons pas toujours bien filmé ni enregistré - on entend par exemple une sirène qui a gâché telle scène ou quelqu'un qui marche devant la caméra, donc il a fallu faire avec ce que nous avions. Les villes sont bruyantes et remplies de personnes qui marchent devant la caméra vous savez. Ce n'est pas une représentation parfaite de tout ce qu'il s'est passé mais nous avons vraiment eu un large spectre des gens qui ont parlé ou fait quelque chose pendant le tournage.

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La fin de la vidéo, qui voit un panneau sur lequel est écrit que la jeune femme a été "harcelée plus de 100 fois par des personnes de tous milieux" n'a donc pas vraiment lieu d'être. Intentionnel, cette vision du harcelement de rue, qui existe bel est bien, n'en est pas moins biaisée.

Le Huffington Post précise aussi que l'agence Rob Bliss Creative, qui avait ici collaboré avec l'association qui lutte contre le harcelement de rue, avait déjà été épinglée dans une de ses anciennes productions. Dans le cadre de la promotion d'une ville dans le Michigan, elle avait été accusée de n'avoir montré que des hommes blancs et plutôt riches, ce qui était loin d'être représentatif de la population.

Pendant ce temps, Funny or Die a lâché une parodie qui voit un jeune homme traverser, lui aussi, les rues de New York pendant dix heures. Ici, le harcelement se transforme en propositions d'embauches ou invitations au Starbucks du coin.

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Par Louis Lepron, publié le 31/10/2014

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