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Pour réduire les bouchons, l'Île-de-France veut payer les automobilistes qui n'utilisent pas leur voiture

Publié le

par Jeanne Pouget

(©Bob Hall/Flickr)

Pour encourager les automobilistes à moins prendre leur voiture, le "péage positif" va être expérimenté dans les Hauts-de-Seine à partir du mois d'avril.

(©Bob Hall/Flickr)

Payer pour moins polluer : une idée qui sera bientôt mise à l'essai à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dans le quartier du Trapèze. En effet, comme la métropole parisienne est la deuxième plus embouteillée de France (après celle de Marseille), tous les moyens sont bons pour encourager les automobilistes à limiter l'utilisation de leur voiture, en particulier après les pics de pollution de cet hiver. Ainsi, le groupe français Egis et sa filiale néerlandaise BNV Mobility ont mis au point un système de "péage positif" qui récompense les automobilistes à hauteur de 2 euros par trajet évité en heure de pointe. Un dispositif de gratification et non de punition, qui permettrait selon ses développeurs de réduire les embouteillages de 6 à 8 % sur la zone visée.

Cette idée s'inspire d'un programme lancé à Rotterdam, aux Pays-Bas, en 2008. Dans la huitième ville la plus embouteillée au monde, les automobilistes perdent neuf journées par an dans les bouchons nous explique France 2, qui avait consacré un reportage à ce sujet l'été dernier. Grâce à la mise en place d'un système de péage positif, les conducteurs gagnent du temps mais aussi de l'argent.

Un père de famille et cadre interrogé dans le reportage de France 2 expliquait gagner 45 minutes chaque matin pour se rendre au travail ainsi que 3 euros, directement versés sur son compte à chaque fois qu'il emprunte l'autoroute en dehors des heures de pointe – et ce grâce à un portique de sécurité qui reconnaît sa plaque d'immatriculation. Le système peut ainsi rapporter jusqu'à 120 euros chaque mois.

"En France quand vous prenez l'autoroute c'est vous qui payez. Là c'est l'inverse, on récompense les gens pour ne pas rouler : avouez que c'est un meilleur message", lance Dirk Grevink, le concepteur du projet Egis.

Ce système moins coûteux et plus durable que de construire de nouvelles infrastructure a donc séduit la Société du Grand Paris qui s'en est inspiré. Cependant, chez nous le recours à des caméras qui enregistrent les plaques d'immatriculation n'est pas légal, à part pour la police rappelle Le Monde. À Boulogne, Egis devra donc s'y prendre autrement, en proposant des partenariats avec des salariés et des entreprises par exemple.

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