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Pour le roi d’Espagne, les dirigeants catalans sont "en marge du droit et de la démocratie"

Publié le

par Astrid Van Laer

Mardi 3 octobre, Felipe VI a réagi dans une allocution télévisée aux événements qui secouent le pays depuis le référendum d’autodétermination de la Catalogne, survenu dimanche 1er octobre. Le monarque a soutenu le gouvernement de Madrid face aux indépendantistes.

Mardi 3 octobre, le roi d’Espagne Felipe VI a pris la parole à la télévision pour réagir au sujet de l’éventuelle indépendance catalane, qui agite le pays depuis quelques jours. Pour rappel, dimanche 1er octobre, les Catalans étaient appelés aux urnes afin de participer à un référendum d’autodétermination.

Le "oui" est sorti largement gagnant de ce référendum en recueillant 90 % des suffrages exprimés, même s’il faut rappeler que le taux de participation fut de seulement 42,3 %. Toutefois, le gouvernement espagnol et son chef Mariano Rajoy ont refusé de reconnaître sa légitimité, en vertu de son aspect anticonstitutionnel.

Un point de vue que semble partager le roi d’Espagne, qui a fustigé le "comportement irresponsable" des autorités catalanes qui ont selon lui effectué une "tentative inacceptable d’appropriation des institutions historiques de la Catalogne", comme il l’a déclaré :

"Nous traversons des heures très graves de notre vie démocratique. Aujourd’hui, la société catalane est fracturée et traversée par un conflit. Les autorités catalanes ont sous-estimé les sentiments d’appartenance et la solidarité qui ont uni par le passé et qui uniront le peuple espagnol.

Et avec ce comportement irresponsable, elles mettent potentiellement en péril la stabilité économique et sociale de la Catalogne et de toute l’Espagne."

Le roi sort de son rôle habituel au nom de l’unité espagnole

Cette prise de position de Felipe VI est plutôt surprenante au regard de la Constitution espagnole de 1978, qui n’attribue pas de fonction politique au souverain – ce dernier n’a donc pas pour habitude d’interférer comme cela dans les affaires de l’exécutif. Invoquant "des heures très graves de [la] vie démocratique", il a tendu la main à tous les Catalans qui veulent maintenir l’unité du royaume :

"Je veux dire à ceux qui pensent ainsi, que vous n’êtes pas seuls et que vous ne le serez pas à l’avenir. Vous avez tout l’appui et la solidarité du reste des Espagnols et la garantie absolue de l’État de droit et de la défense de votre liberté et de vos droits."

Le gouvernement catalan n’a pas réagi à cette prise de parole, mais les Catalans en faveur de l’indépendance ont défilé dans les rues en faisant tinter des casseroles. Le même jour, 700 000 Barcelonais ont manifesté dans les rues de la capitale de la Catalogne, pour protester contre les violences policières survenues en marge du scrutin dimanche dernier.

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