AccueilÉDITO

Pour la première fois en France, un rhinocéros a été tué par des braconniers

Publié le

par Jeanne Pouget

twitter

C'est une première en Europe : des braconniers se sont introduits dans le zoo de Thoiry pour abattre Vince, un rhinocéros blanc de 4 ans, de trois balles dans la tête avant de le décorner, probablement à l'aide d'une tronçonneuse. 

Il s'agit d'un acte extrêmement violent et d'une première en Europe : des braconniers ont sévi dans un zoo de la région parisienne, dans la nuit du 6 au 7 mars. Leur victime est un jeune rhinocéros mâle blanc du Sud, âgé de 4 ans, qu'ils ont abattu de trois balles dans la tête avant de lui couper l'une de ses cornes – probablement à l'aide d'une tronçonneuse. Vince a ainsi été retrouvé mort dans son enclos dans la matinée de mardi par les soigneurs du parc de Thoiry (Yvelines).

Pour l'instant, les enquêteurs disposent de peu d'informations, mais le personnel du zoo est très choqué. Son directeur évoque des actes d'une grande violence. Les braconniers, toujours en fuite et dont l'identité est encore inconnue, se sont introduits par effraction sur les lieux en déjouant les mesures de sécurité – en forçant d'abord les grilles extérieures, puis les portes métalliques intermédiaires et les portes internes, afin de pénétrer dans l'enclos des rhinocéros.

Visiblement très organisés, ils ont même brisé plusieurs systèmes de sécurité, précise le directeur du zoo Thierry Duguet sur la page Facebook de l'établissement"L’enceinte du parc, l’enceinte de la maison, puis l’enceinte du box. Ceci malgré la présence de cinq membres du personnel zoologique vivant sur place et de caméras de surveillance." Une violence qui montre la détermination des braconniers. Néanmoins, des éléments montrent qu'ils n'ont pas pu mettre la totalité de leur plan à exécution puisque la seconde corne de Vince n'a été que partiellement découpée "ce qui laisse imaginer que les criminels ont été dérangés ou que leur matériel s’est révélé défectueux", détaille le zoo. Autre élément notable : les deux autres rhinocéros du zoo Gracie (âgée de 37 ans) et Bruno (âgé de 5 ans), sont sains et saufs.

Un animal en danger critique d’extinction

Originaire de plusieurs pays d'Afrique de l'Est et centrale, la sous-espèce des rhinocéros blancs du Sud est en danger critique d'extinction, avec seulement 20 000 individus à l'état sauvage. D'autre part, l'extinction totale du rhinocéros blanc du Nord, sous-espèce cousine, est imminente : il ne reste plus que trois individus dans une réserve au Kenya, trop âgés pour se reproduire.

Ces animaux sauvages sont victimes d'un braconnage féroce à cause de leurs cornes, qui se revendent à prix d'or au marché noir. Une aubaine pour les trafiquants : en 2013, la corne de rhinocéros valait 57 000 euros le kilo, soit deux fois plus cher que l'or, selon Florian Kirchner chargé du programme "espèces" à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), interrogé par le site Jeune Afrique.

Ces animaux sont particulièrement recherchés en Asie pour les propriétés supposées de leurs cornes en kératine. Elles sont souvent utilisées en poudre dans certaines médecines traditionnelles pour soigner tout un tas de maux, du rhumatisme jusqu’au cancer, ou comme remèdes aphrodisiaques. Des vertus en réalité inexistantes, selon toutes les études scientifiques menées sur le sujet.

Si ce genre d’événement arrive malheureusement chaque jour en Afrique – où les zones à protéger par les rangers sont immenses et où les moyens mis en œuvre pour protéger les animaux sont insuffisants –, c'est la première fois qu'un tel acte se produit en Europe. Et cela ne laisse rien présager de bon pour l'avenir de ces animaux, qui ne sont visiblement en sécurité nulle part et attisent la convoitise des braconniers jusque sous nos latitudes.

À voir aussi sur konbini :