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Elle est jeune, elle milite pour Benoît Hamon, et elle nous dit pourquoi

Publié le

par Théo Mercadier

Konbini vous propose des interviews de jeunes militants politiques. Alors que l’on approche du second tour de la primaire de la gauche, rencontre aujourd’hui avec Emma, qui soutient Benoît Hamon.

(Capture d'écran du dernier débat de la primaire de la gauche)

Konbini | Est-ce que tu peux te présenter ? 

Emma | Je m’appelle Emma, j’ai 24 ans et je suis de Malakoff. Sans être encartée au PS, j’ai décidé de soutenir Benoît Hamon : j’ai principalement distribué des tracts. À côté, je suis en master 2 dans une école de communication et je suis apprentie dans une agence.

C’est la première fois que tu milites ?

Je vais aux manifs, ça a commencé quand j’étais au lycée. Mais c’est la première fois que je milite au sein d’un cadre.

Qu'est-ce qui t'a poussée au militantisme ? Comment y es-tu arrivée ?

J’ai toujours été assez politisée, j’étais un peu dans l’expectative vis-à-vis de cette présidentielle. Et puis, j’ai vu sur un tas de médias, comme Facebook, "Benoît Hamon". Tiens, il affirme qu’il ne dira plus jamais qu’il sera socialiste sans être écologiste. Ça a été le déclic : c’est l’écologie dans son programme qui m’a fait pencher.

Les Verts ? Disons que les Verts, ils sont moins bien partis pour une présidentielle. Je pense que l’écologie doit avoir une voix qui porte. Un candidat du Parti socialiste qui défend vraiment avec conviction l’écologie, ça a beaucoup de poids.

Peu de temps avant le premier tour de la primaire, j’ai pris contact avec les équipes militantes sur Internet. Bêtement, j’ai pas mis mon code postal donc ça a mis un peu plus de temps que prévu [rires]. Mais après j’ai été contactée par Vincent, qui s’occupe de la section Malakoff, Vanves et Montrouge, et là il m’a proposé des missions.

Quelles sont tes tâches et tes missions en tant que militante ?

On a des points de distribution de tracts, je fais ça le week-end, sur les marchés. C’est cool parce que tu vas à la rencontre des gens, et que ça mène parfois à la discussion.

Je ne me charge pas vraiment des réseaux, même sur Facebook. C’est plutôt dans mon école, mon cercle d’amis, parce qu’il arrive qu’on parle politique. C’est dire : "Il y a quand même Benoît Hamon qui monte." Et ça a pas mal pris, je trouve que c’est un candidat qui plaît aux jeunes.

Qu’est-ce qui te fait dire que Benoît Hamon parle aux jeunes ?

Je pense que les jeunes sont plus conscients des enjeux environnementaux que les générations précédentes, peut-être parce qu’on va vivre plus longtemps sur la planète et qu’on a grandi avec l’idée du réchauffement climatique.

Ensuite le revenu universel pour les 18-25 ans (pour les premières tranches concernées), c’est super parce que c’est vraiment les étudiants et les jeunes actifs qui galèrent. Je trouve que c’est une vraie réforme qui toucherait vraiment la jeunesse. Ça fait du bien.

As-tu quelque chose à dire aux jeunes qui ne comptent pas voter au second tour de la primaire ?

Je leur dirais de ne pas trop regarder ce qui s’est passé pendant ce quinquennat qui a pu décevoir des gens. Le Parti socialiste a pour force d’avoir une multiplicité de voix qui s’expriment et ça se voit à travers la primaire. Il faut faire attention à ce qu’il y a dans les programmes, et ne pas tout jeter à la poubelle.

Et qu’est-ce que tu dirais à un vallsiste ?

J’en ai peu dans mon entourage [rires]. Je pense que la politique… évidemment il faut être pragmatique, mais il faut aussi avoir un peu d’idéalisme. Au fond, c’est ce qui est beau. Cet idéalisme ne doit pas non plus être "cui-cui, les petits oiseaux" et pas du tout rattaché à la réalité. Dans le programme de Benoît Hamon c’est beau, c’est un beau programme qui amène vers une belle société, et c’est quand même quelque chose qui est concret et qui peut marcher.

Qu’est-ce que tu penses de l’acharnement médiatique sur Hamon, son "utopisme irréalisable", Franz-Olivier Giesbert qui le traite de "Père Noël" …

C’est vrai qu’on est à une époque où les médias parlent surtout d’austérité, de rigueur, que l’économie ne peut fonctionner que grâce à des coupes budgétaires. Jje pense qu’on a assez demandé d’efforts et que l’austérité ne marche pas forcément, elle amène même parfois à des extrêmes politiques qu’on ne veut pas voir à la tête du gouvernement. Il faut regarder l’avenir et notre société de manière plus positive. Après, au regard des critiques, oui, il va falloir dépenser de l’argent. Mais c’est réfléchi, les promesses sont budgétées. 

Comment tu vois la journée de dimanche ?

D’ici là je vais en parler à mes proches, essayer de les motiver, ça passe aussi par ça l’engagement. Ma famille est politisée, c’est pour ça que je l’ai été aussi très tôt, il n'y a pas de secret. Est-ce qu’ils sont PS ? Ils sont de gauche, oui, mais ils ne sont pas encartés. C’est des gens de gauche qui ont été très marqués par 2002 [Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, ndlr]. De là leur vient un attachement au vote socialiste, plutôt qu’à des partis plus marqués à gauche.

Benoît Hamon est-il à même de contrer l’extrême droite ?

Il propose une autre vision de la société. Pour des gens qui se sentent laissés pour compte et déclassés, le revenu universel est une manière de construire une belle société, une société du vivre ensemble. C’est comme ça qu’on va y arriver : en étant unis. Bien sûr il va y avoir des critiques, on l’a d’ailleurs déjà traité d’islamo-gauchiste [rires]. On a eu "Ali Juppé", "Farid Fillon", maintenant on a "Bilal Hamon". Bon... Il a eu la bonne réaction en embrassant le fait qu’on a une France multiculturelle.

Et qu’est-ce que tu dirais aux jeunes qui ne vont pas du tout voter à la présidentielle ?

Que la politique, ça nous concerne tous. Et qu’il faut faire l'effort, même si c’est difficile quand on vient de milieux où on ne s’intéresse pas à la politique. Il faut garder à l’esprit qu’on est tous concernés. Si on ne vote pas, il ne faut pas aller râler après. Il faut prendre le temps de regarder ce qu’il y a dans les programmes et lire les professions de foi, poser des questions. Je ne pense pas que les gens vivent dans des environnements totalement dépolitisés

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