Pendant que vous regardez du porno, vos données sont surveillées

Un article publié sur Motherboard nous apprend que les données de nombreux consommateurs de porno en ligne seraient stockées et échangées avec des entreprises comme Google. 

(Capture d'écran du film Don Jon de Joseph Gordon-Levitt)

(Capture d'écran du film Don Jon de Joseph Gordon-Levitt)

C'est bientôt l'été, vous décidez de demander à votre moteur de recherche de vous trouver quelques exercices faciles à faire chez vous histoire de raffermir vos abdos. Quelques minutes plus tard, alors que vous avez abandonné l'idée, une pub ventant les miracles d'une recette magique d'un régime amincissant vient s'incruster sur votre écran... La plupart de nos faits et gestes sont traqués sur Internet, utilisés pour faire connaître nos habitudes en tant que consommateurs. Ce n'est pas nouveau mais c'est toujours un peu inquiétant de taper le premier chiffre de votre adresse sur Google Maps et vous voir proposer instantanément les coordonnées de votre domicile.

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Toutes ces heures passées à surfer sur le web sont donc une mine d'information sur votre vie, vos goûts et vos habitudes et pose souvent un gros problème : comment s'assurer que notre vie privée est vraiment préservée et qu'elle n'est pas tout simplement sauvegardée, à l'heure où les réseaux sociaux l'envahissent toujours plus et que de nombreuses actualités inquiètent, comme par exemple Facebook et sa politique sur la vie privée douteuse concernant nos photos, vidéos, et messages privés ou encore les fameux “snaps” qui ne disparaissent pas vraiment ? Bref, nous laissons tous des "empreintes" sur le web et peut-être nous porteront-elles préjudice un de ces jours.

Alors imaginez si chaque personne qui visionne du porno en ligne voyait un jour son historique diffusé... Un article publié sur le site Motherboard et intitulé "Your porn is watching you" nous en apprend plus sur ce sujet.

Quand les sites porno tracent leurs consommateurs

L'article commence en rappelant qu'aux États-Unis, 30 millions d'Américains regardent régulièrement du porno en ligne, même si seulement 12% admettent le faire. En France, près de 24% en visionnent de manière hebdomadaire et 39% au moins une fois par mois, selon un sondage Ifop. Si 40% des Français assurent ne jamais avoir regardé de porno, il reste que 60% des personnes dans l'Hexagone pourraient être menacées par la diffusion de données plutôt intimes.

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En effet, “si vous regardez du porno en ligne en 2015, même en navigation privée, vous devriez vous attendre à ce qu’un jour votre historique de navigation soit révélé au public et associé à votre nom", prévient Brett Thomas, ingénieur américain dans le post "Le porno en ligne pourrait être le prochain gros scandale en matière de vie privée", publié sur son blog.

Vous avez bien lu : "même en navigation privée". En effet, même si vous avez eu l'ingéniosité de configurer votre navigation en mode "incognito" ou privé, vous n'êtes pas à l'abri de voir vos infos collectées par les sites pornographiques et transmises à des organismes tiers tels que Google ou Tumblr. Selon Justin Brookman, expert au Center for Democracy and Technology interviewé par Motherboard : "D'un point de vue technique, il est incroyablement difficile de ne garantir aucune traçabilité", d'autant plus que nous sommes toujours associés à une adresse IP.

À lire : Comment les femmes consomment-elles le porno ?

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En ajoutant à cela le fait que le contenu de la vidéo est bien souvent directement visible dans l'URL – seuls les PornHub et RedTube masquent les mots-clés – et que 88 % des 500 sites pornos les plus regardés dont XVideos, XHamster, PornHub, XXNX et RedTube ont le matériel adapté pour tracer les consommateurs, autant vous dire qu'il serait très probable que l'on connaisse un jour vos fantasmes sexuels et que le web révèle au monde entier vos préférences pour les blondes bien pulpeuses, les MILF ou les beaux gosses bodybuildés...

Alors que le revenge porn semble de plus en plus courant, on imagine bien l'humiliation publique que pourraient subir certaines personnes dont les fantasmes sexuels seraient dévoilés en ligne. Pire : "il existe encore de nombreux endroits dans le monde entier où des personnes sont persécutées pour leur orientation sexuelle. Révéler que quelqu'un, dans un pays oppressif, a déjà regardé une série de vidéos porno gay, pourrait exposer cette personne à un danger grave", craint le journaliste.

Si certaines personnes réfutent les hypothèses de Brett Thomas, le scénario le plus probable serait qu'un site porno soit hacké et que les données soient ensuite diffusées.  Mais s'il y a bien une chose sur laquelle les experts s'accordent c'est que, "malheureusement, l'anonymat est devenu fondamentalement incompatible avec JavaScript et le Web".

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Par Anaïs Chatellier, publié le 08/04/2015

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