Sur les podiums de la Fashion Week, le rêve américain réinventé

De Londres à New York, les podiums mettent en lumière une femme toujours plus libre dans une version "fantasmée" de l'esthétique américaine et de sa diversité. 

A contrario de la politique (encore elle ?) prônée par le président Trump (encore lui ?) avec son slogan "America first", le monde de la mode ne renie pas la diversité, bien au contraire. C’est même l’un des fondements sur lesquels s’est bâtie l’Amérique d’aujourd’hui. Du coup, constatant que l’Histoire et la politique ne font pas bon ménage, plusieurs créateurs se sont amusés à célébrer cette diversité avec leur meilleur atout : le style.

American style first 

Chapeaux de cow-boy vissés sur la tête, maillots de footballeur et paillettes à la pom pom girl attitude : pour l’hiver 2017, l’Amérique se vit et se transpire. Dans un premier temps de façon très subtile chez Calvin Klein, où le créateur belge Raf Simons vient flatter nos alliés pour son premier défilé féminin outre-Atlantique en rendant hommage à l’Amérique où il vit désormais à plein temps.

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"Tous ces gens différents avec des styles différents, des codes d'habillement différents, c'est l'avenir, le passé, l'Art déco, la ville, l'Ouest américain... c'est toutes ces choses-là, et aucune à la fois. Il n'y a pas une seule époque, une seule chose, un seul look. C'est le brassage de tous ces personnages et de tous ces individus, exactement comme l'Amérique. C'est toute la beauté et l'émotion de l’Amérique", déclarait-il ainsi à la fin de son show à l'AFP.

Du coup, il est normal de voir apparaître dans sa collection des silhouettes bien changeantes, migrant entre sportswear et références militaires. Mais une fois l'association total jean-santiags passée, l'allusion subtile et minimaliste au style 100 % Amérique reste comprise et bien marquée.  

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Il faudra attendre le show de Coach et son décor de véritable Petite Maison dans la prairie pour plonger pleinement dans la sérénité des grandes plaines américaines. On se laisse du coup vite tenter par une allure total trappeur avec une belle peau de mouton brodée ou plus biker avec une veste en cuir ou à franges...

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Quoi qu’il en soit, on reste sur les routes toute la sainte journée… pour aller directement chez House of Holland et son vestiaire de western. En chapeau de cow-boy, chemise, pantalon patte d’eph' à carreaux Formule 1, pelisse en fourrure marabout et santiags hautes sur la cuisse, la femme s’éclate dans un rêve à l’américaine où, flirtant avec le mauvais goût, on y retrouve une vraie fraîcheur de vie.

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Le Far West paillette

Semblant tout droit sortie du film Cowboys et Envahisseurs de Jon Favreau, la collection de la jeune créatrice Ashley Williams s’inspire elle aussi du Far West mais dans une dimension plus moderne et contestataire.

Mais l’oscar du meilleur "costume" revient tout de même à la maison Ashish qui reste inlassablement la plus queer dans son genre. Écrite de paillettes, la collection est un appel passionné, aimant et audacieux à la résistance et à la solidarité au États-Unis. Les drapeaux arc-en-ciel en référence à la communauté gay et autres T-shirts de baseball à messages subliminaux soulignent encore ici la diversité d’un peuple qui, ouvert sur le monde, cherche à avancer.

Si la parenthèse américaine paraît bien minime à la vue des multiples autres grandes tendances de la saison, l’Amérique se portera ainsi comme un pin's, ferveur d’appartenance et porteur d’une envie d’un monde qui change. Une seule philosophie : le style et l'amour triomphent toujours de la haine.  

Par Perceval Vincent, publié le 07/03/2017