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Les plaintes les plus improbables dans la pop culture

Publié le

par Inès Bouchareb

Qu'il s'agisse de junkfood, de sneakers, de films ou de séries télé, les américains usent et abusent des recours juridiques et n'épargnent aucun domaine de la culture. Voici notre top 5.

1. Nike Air Jordan, une arme extrêmement dangereuse

Une paire de Nike Air Jordan. (Source : Nike)

En janvier 2014, Sirgiorgio Clardy, un proxénète de Portland, capitale de l'état américain de l'Oregon, attaque Nike, le géant américain du marché sportif. Il accuse la marque d'être partiellement responsable d'une violente rixe pour laquelle il a écopé de 100 ans d'emprisonnement. Le maquereau de 26 ans prétend que le fabricant de chaussures aurait dû indiquer sur les Air Jordan, modèle de sneakers ultra populaire, qu'elles représentaient une arme extrêmement dangereuse.

En effet, ce sont les chaussures que Clardy avait aux pieds quand il a piétiné brutalement le visage d'un homme qui avait tenté de fuir un hôtel de Portland sans payer une de ses prostitués, en juin 2012, d'après The Oregonian. Évidemment, aucun juge n'a donné suite à ses poursuites.

2. McDonald's : Quarter Pounder et "détresse émotionnelle"

Le "Quarter Pounder", l'équivalent de notre Royal Cheese. (Source : McDonald's)

La chaîne de fastfood américaine est souvent sujette à des attaques en justice. Au service juridique de McDonald's, les prétextes ridicules pour grappiller quelques millions se suivent et se ressemblent. Mais celui-ci a su plus particulièrement retenir notre attention. En janvier 2014, Webster Lucas se rend à l'un des nombreux restaurants de l'enseigne rouge et jaune, et commande le fameux Quarter Pounder, l'équivalent de notre Royal Cheese. Après dégustation, il est stupéfait de constater qu'on ne lui a donné qu'une seule serviette en papier. Il se rend donc au comptoir pour réclamer de quoi s'essuyer les doigts, rapporte NBC Los Angeles.

C'est alors qu'il aurait été accueilli par un manager "agressif""C'est parce que je suis noir ?!", lui aurait demandé Webster Lucas, qui s'est senti "discriminé et qui souffre depuis d'une détresse émotionnelle, l'empêchant de travailler", selon ses dires. Il réclame donc des dommages et intérêts à la maison de Ronald McDonald.

D'après le service juridique de la chaîne de restauration rapide américaine, aucune plainte n'aurait été déposée. Lucas Webster serait en fait, ce qu'on appelle dans le jargon juridique américain, un "provocateur de litiges", avec à son actif plus d'une dizaine de tentatives de poursuites judiciaires, sans même faire appel à un avocat.

3. Drive : "Très peu de scènes au volant, beaucoup d'antisémitisme"

Ryan Gosling dans Drive.

Sarah Deming, une habitante de l'état américain du Michigan, a été immédiatement conquise par la bande annonce de Drive, le film désormais incontournable du réalisateur Nicolas Winding Refn, sorti en 2011. Mais déçue par le film dans son intégralité, elle décide d'entamer un procès contre le distributeur et le cinéma où elle l'a vu. Ses raisons ? "Il y avait vraiment très peu de scènes en voiture, ni même de courses poursuites contrairement à ce que laissait croire la bande-annonce, ce n'était pas comme Fast & Furious", explique-t-elle.

Elle aurait aussi discerné, dans ce succès de Ryan Gosling, un "encensement de la violence à l'égard des Juifs", rapporte The Guardian. La salle et FilmDistrict, le distributeur, contestent vivement ces accusations et ont proposé à l'intéressée un remboursement de sa place de cinéma, comme elle le réclame. Cependant, la plaintive espère transformer son procès en "class action", un recours en justice de groupe qui permet à un grand nombre de personnes de poursuivre une entreprise afin d'obtenir une indemnisation financière, une pratique plus que courante aux États-Unis.

4. Subway : l'important c'est la taille

Un sandwich subway de "30 centimètres". (Source : Subway)

Il a suffit d'une photo postée sur les réseaux sociaux en 2012 pour que le mécontentement d'un internaute ait un effet boule de neige. Ainsi, neuf clients de la chaîne de sandwichs américaine Subway se sont unis pour poursuivre l'enseigne. Et en matière de sandwichs, tout est une question de taille.

Vendus comme mesurant 15 ou 30 centimètres, les sandwichs commercialisés étaient en réalité d'une longueur inférieure, explique le Chicago Tribune. Sur décision du tribunal de Milwaukee, dans l'état américain de l'Illinois, les plaignants recevront respectivement 880 euros de dommages et intérêts.

5. Dexter : une affiche de la série "épouvante" une passante

L'affiche de Dexter, sur les marches de la station Grand Central à New York. (Source : NY Daily News)

En juin 2013, Ajanaffy Njewadda monte les marches de la station de métro Grand Central à New York. C'est alors qu'elle se retrouve nez à nez avec une publicité pour la série américaine Dexter. Un portrait du héros, interprété par Michael C. Hall, s'étale sur l'escalier qu'elle gravit. Il a le visage écrasé par un film plastique, une référence à son programme télé. "Terrifiée", Ajanaffy Njewadda chute. "Elle a été choquée, épouvantée. Cette affiche l'a complètement désorientée", explique son avocat à la cour suprême du Bronx.

Ainsi, elle se serait cassée le pied et tordu la cheville. "C'était exactement le but de cette publicité", renchérit son avocat, "de provoquer un choc et de perturber". Elle a donc engagé des poursuites judiciaires non seulement contre la ville de New York, mais aussi contre MTA (le métro new-yorkais), Showtime (la chaine de diffusion du programme), et enfin contre CBS Outdoors (la compagnie chargée de l'affichage de cette publicité). Le montant des dommages et intérêts réclamés n'a pas été spécifié, d'après le New York Daily News.

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