Par peur de prendre du poids, certaines renoncent à la pilule

Acné, sautes d'humeur, dépression, angoisse et baisse de libido... les effets secondaires de la pilule sont souvent mis en cause.

Mais l'un des effets secondaires les plus redoutés par celles qui veulent profiter d'une infertilité temporaire est la prise de poids. Et dans un monde où la taille zéro fait loi, pas surprenant que les femmes redoutent la montée de l'aiguille sur la balance.

Une nouvelle étude publiée dans Contraception Journal a découvert que la peur de prendre du poids serait telle que beaucoup de femmes renonceraient à la pilule, limitant ainsi leur liberté sexuelle.

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Cette recherche menée par la faculté de médecine de l'université Penn State, en Pennsylvanie, démontre que les femmes obèses ou en surpoids éviteraient les méthodes contraceptives associées à la prise de poids, comme la pilule par exemple.

Se penchant sur les données d'un sondage mené auprès de 987 femmes américaines entre 18 et 40 ans, sexuellement actives et ayant une assurance privée (les remboursements sont faibles ou inexistants aux États-Unis), l'étude entrecroise l'IMC et la perception de leur propre corps avec leur choix ou refus de suivre une méthode contraceptive.

Le sondage conclut que les femmes en surpoids ou obèses choisissent les moyens de contraception réversibles de longues durée (ou "LARC's" pour Long-Acting Reversible Contraceptives, ndlr) tels que le stérilet, l'implant ou les injections, plus souvent que les autres femmes. Elles ont également plus tendance à choisir une contraception sans prescription comme les préservatifs, le suivi de l'ovulation, voire la technique du "retrait" (même si cela peut s'avérer inefficace). Cependant, ces méthodes sont moins fréquentes que les LARC's. Dans certains cas, les femmes choisissent de ne pas utiliser de contraception du tout.

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(Image: Travis Rathbone/Trunk Archive)

© Travis Rathbone/Trunk Archive

Cynthia H. Chuang, l'une des principales chercheuses, a déclaré : "Nous pensons qu'il est possible que ces femmes en surpoids ou obèses aient tendance à choisir d'autres méthodes que la pilule ou les injections par peur de prendre du poids. Par conséquent, elles choisissent aussi bien des méthodes plus efficaces (comme les LARC's ) et moins efficaces, comme la contraception sans prescription. Nous sommes en réalité ravis de savoir que ces femmes en surpoids ou obèses préfèrent les méthodes LARC's car je m'attendais à ce qu'elles favorisent les méthodes sans prescription."

Cependant, à cause du manque de recherches scientifiques sur les méthodes contraceptives, on ne peut confirmer le lien direct entre contraception hormonale et prise de poids. De fait, les effets secondaires réels restent en grande partie non vérifiés.

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Bien que la pilule existe depuis plus de 60 ans, et que 55,5 % des femmes françaises de 15 à 49 ans l'utilisent régulièrement, les recherches analytiques sur la relation entre supplément hormonal et l'état mental des femmes sont presque inexistantes. La première étude significative à propos des effets de la pilule sur la santé mentale a été publiée le mois passé seulement. Et les résultats ne sont pas rassurants.

On remarque donc que ce qui influence les femmes dans leur choix de contraception est souvent les expériences d'autres femmes. Cependant, étant donné la variété de pilules et des réactions bien personnelles que chaque femme peut connaître, on ne peut non plus s'y fier entièrement.

Par Lydia Morrish, publié le 21/11/2016

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