(©La Ligne verte)

Trois États américains se prononcent en faveur de la peine de mort

En Oklahoma, en Californie et au Nebraska, les électeurs étaient appelés ce mardi 8 novembre à se prononcer sur des question liées à la peine de mort en même temps que sur le nom de leur nouveau président.

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Michael Clarke Duncan, dans le couloir de la mort, dans La Ligne verte.

Alors que l'élection du président américain focalisait la quasi-totalité de l'attention dans la nuit du 8 novembre, des référendums étaient organisés en parallèle sur des sujets de société tels que le cannabis ou la peine de mort. Sur cette dernière, trois États étaient appelés à se prononcer : le Nebraska, l'Oklahoma et la Californie. Voici les mesures qui ont été adoptées.

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Au Nebraska, le rétablissement de la peine capitale

En mai 2015 au Nebraska, une loi historique avait banni la peine de mort des sentences potentiellement prononcées par les juges. À l'époque, ce choix n'avait pas été soumis au vote des habitants de l'État, mais bien prononcé par les législateurs. Ce mardi 8 novembre, 57 % des électeurs consultés ont décidé de restaurer la peine capitale, une décision qui n'a pas manqué de provoquer des réactions alarmées de la part de nombreux responsables politiques locaux. Ainsi le sénateur Ernie Chambers (indépendant), qui avait soutenu la loi en faveur d'une suppression de la peine de mort, a qualifié le Nebraska "d'État borné à être contre son temps".

Cette décision a pu être influencée par un procès qui s'est tenu cet automne. Le condamné, Nikko Jenkins, était un délinquant multirécidiviste qui avait, en 2013, tué quatre personnes peu de temps après être sorti de prison. "Il est difficile de voir ces crimes et de ne pas avoir de réponse émotionnelle", défend le sénateur démocrate Colby Coash. Cela s'est ressenti dans les urnes...

En Oklahoma, la peine de mort dans la Constitution

En Oklahoma, la réforme a porté sur la création d'un nouvel article de la Constitution de l'État, article qui défend que "la peine de mort ne doit pas être considérée comme une sentence cruelle ou peu commune" et que "tout méthode d'exécution doit être autorisée à moins qu'elle ne soit prohibée par la constitution des États-Unis". Le vote en faveur de cet article a été écrasant, avec 67 %. Il prend corps alors qu'un débat a secoué la société américaine au sujet de la mise à mort par injection létale, que beaucoup ont jugé inhumaine en 2014 après l'exécution de Clayton Locket, qui avait souffert durant l'exécution de la sentence. L'Oklahoma est à ce jour le seul État américain à avoir inscrit une telle protection de la peine capitale dans sa Constitution.

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En Californie, rejet de l'abolition et accélération de la procédure

La Californie, quant à elle, se voyait proposer deux choix : supprimer la peine de mort ou, au contraire, accélérer l'application des sentences. La proposition qui visait à interdire la peine capitale a été rejetée à 55,4 % des votes d'après un décompte provisoire, et celle visant à en accélérer la procédure a été adoptée. C'est l'État américain où le plus de prisonniers se trouvent dans le death row ("le couloir de la mort", la période d'emprisonnement qui précède l'exécution et peut durer des dizaines d'années), près d'un quart de tous ceux que comptent les États-Unis.

Par Théo Mercadier, publié le 09/11/2016

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