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Paris est vide : hier soir, j'ai parcouru une ville en noir et blanc

Publié le

par Louis Lepron

Des images pour décrire une ambiance. De la rue de la Fontaine-au-Roi aux boulevards de Paris, j'ai traversé une ville éteinte dans la nuit. 

Hier soir, je n'avais qu'une envie : être dehors, (re)prendre le chemin des lieux touchés par les attaques terroristes du vendredi 13 novembre, reprendre le chemin du Carillon, de la rue de la Folie-Méricourt ou de la Place de la République. Partout, des visages dans le flou, des visages perdus à l'intérieur d'eux-mêmes, des rues désertes, des boulevards esseulés, des vitres brisées. Le seul pouvoir que j'avais sur ces situations était de les capturer, en photo. C'est ce que j'ai fait.

La laverie rue de la Fontaine-au-Roi, touchée par les balles

Des débris de verre partout : la laverie de la rue de la Fontaine-au-Roi n'est plus que l'ombre d'elle-même

Rue de la Fontaine-au-Roi, une policière s'approche d'un couple et pose des questions à la femme : elle s'enquiert de l'état de l'homme, sous le choc

Rue de la Fontaine-au-Roi

À côté de la laverie, un message : <em>"Je tire à vue avec mon arme préférée"</em>

Du côté de la Place de la République, une petite heure après les mouvements de panique, une centaine de personnes continue de rendre hommage aux victimes, à Paris.

Un arbre à bougies, en référence à l'illustration du Français Jean Jullien

Des bougies pour Paris

Et au milieu flotte un drapeau

"Même pas peur"

Paris est bougies

La fameuse devise de Paris : "Fluctuat nec mergitur"

Paris est vide

Puis je suis rentré chez moi, à vélo. Au programme, 10 kilomètres de bitume, à travers le Boulevard Haussman, la Concorde, les Galeries Lafayette, ou encore les Champs-Élysées. Quelques taxis, quelques policiers, quelques touristes qui naviguaient sur des avenues d'une cité qui semblait morte.

Il n'était que minuit et j'avais pourtant l'impression, ce dimanche soir, d'être tombé dans un film post-apocalyptique. Mon imagination s'attendait à ce que des zombies, échappés des centres commerciaux asséchés de leurs clients, viennent s'en prendre à moi, ou qu'un épais nuage bactériologique me tue instantanément. Rien de tout ça. On était "juste" un dimanche 15 novembre, deux jours après les attaques les plus dramatiques qu'ait connu Paris depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pas de bruit, pas de respiration, seulement des scooters qui me dépassaient en trombe, pressés de rentrer chez eux. J'ai préféré prendre des photographies pour attester de cette ambiance que je n'avais jamais rencontré à Paris, même au lendemain de Charlie Hebdo. Un paradoxe lorsqu'on navigue dans la "ville lumière".

Le Boulevard Haussmann, vide

Un boulevard, encore vide

Rue de la Folie-Méricourt

Un autre boulevard, encore vide

Les Galeries

Rue de la Chaussée d'Antin

Le Boulevard Haussmann, encore vide

Place de la Concorde, une grande roue sans lumière

Place de la Concorde, une grande roue sans lumière

Les Champs-Élysées n'ont jamais été aussi déserts

Devant l'Arc de Triomphe, peu de voitures passent

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