Image extraite du film A Girl in the River : The Price of Forgiveness (© Sharmeen Obaid-Chinoy)

Au Pakistan, le Parlement vote une loi décisive contre les "crimes d'honneur"

Au Pakistan, alors que des centaines de femmes sont tuées chaque année, le Parlement a adopté une loi durcissant les peines contre les auteurs de "crimes d'honneur". 

Image extraite du film A Girl in the River : The Price of Forgiveness (© Sharmeen Obaid-Chinoy)

Image extraite du film A Girl in the River : The Price of Forgiveness. (© Sharmeen Obaid-Chinoy)

Au Pakistan, alors que les "crimes d'honneur" prennent la vie de centaines de femmes chaque année, le Parlement a adopté le jeudi 6 octobre une loi historique qui durcit les peines envers les auteurs de "crimes d'honneur". Le quotidien pakistanais anglophone The Nation, relayé en France par Courrier international, rapporte que les meurtres commis au nom de l'honneur seront désormais passibles de la peine de mort et, au minimum, de la prison à perpétuité.

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Cette loi est historique car elle met un coup d'arrêt à la culture dite du "pardon" : pendant longtemps, les meurtriers de femmes ayant soi-disant porté atteinte à "l'honneur" de leur famille évitaient la prison – voire le tribunal – s'ils étaient pardonnés par les parents de la victime. Désormais, rapporte Radio France Internationale, ces crimes seront punis d'une peine de prison à vie même en cas de pardon familial. C'est une décision forte, poursuit RFI car, si le Code pénal avait été durci à ce sujet en 2005, "les condamnations restaient soumises à la discrétion des juges qui accordent beaucoup d’importance au pardon des parents".

L'an dernier, plus de 1 000 femmes ont été tuées par un des membres de leur famille pour avoir refusé un mariage arrangé, s’être enfuies avec un amant ou avoir été suspectées d’une liaison. En février, Nawaz Sharif, le Premier ministre, prévoyait déjà d'endurcir la loi. Le récent décès de Qandeel Baloch, une jeune femme très connue des réseaux sociaux, a sans doute donné un coup d'accélérateur à l'adoption de la mesure. Âgée de 26 ans, la "Kim Kardashian pakistanaise" avait été étranglée par son frère parce qu'elle s'exposait trop sur les réseaux sociaux.

Une peine plus dure pour le viol

Durant la même session parlementaire, les députés pakistanais ont également adopté à l'unanimité un amendement prévoyant une peine plancher de 25 ans pour les auteurs de viol. Il s'agit d'une mesure tout aussi historique dans ce pays où les condamnations pour viol sont dramatiquement rares.

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"Ces lois sont extrêmement importantes pour les femmes pakistanaises dans ce pays où les condamnations pour viol sont quasi inexistantes, en partie à cause d'obstacles techniques dans l'accès à la justice, a expliqué à l'agence Reuters Yasmeen Hassan, directrice exécutive de l'ONG Equality Now. Nous espérons que ces nouvelles lois aideront à générer un changement culturel dans la société pakistanaise et que les femmes pourront vivre leur vie en sécurité."

Par Bérénice Rebufa, publié le 07/10/2016

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