"Nous refusons d'être ennemis", appels à la paix israélo-palestinienne sur Twitter

Alors que la guerre s'envenime à Gaza, le conflit israélo-palestinien prend une tournure plus pacifique à travers les réseaux sociaux grâce au hashtag #JewsAndArabsRefuseToBeEnemies.

Quand l'amour et l'amitié décident d'être plus forts que la guerre. C'est en quelque sorte l'idée lancée le 10 juillet 2014 par Abraham Gutman, Israélien, et sa camarade de classe syrienne Dahia Darwish, tous deux étudiants au Hunter College à New York. En créant la page Facebook "Jews ans Arabs refuse to be enemies" et le hashtag qui va avec, ("Les Juifs et les Arabes refusent d'être ennemis" en français), ils se positionnent contre ce conflit qui se poursuit également sur les réseaux sociaux. Gutman a expliqué à HTN leur démarche :

La haine présente sur les réseaux sociaux et l'utilisation de termes violents peut, à notre avis, affecter ce qui se passe sur le terrain. Nous visons à désamorcer la haine et nous espérons que de manière ascendante, le changement peut être possible.

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En moins de dix jours, ils sont plus de 4 000 à avoir liké la page au moment où nous écrivons ces lignes et la reconnaissance du mouvement a notamment pris de l'ampleur grâce à la journaliste libano-américaine, Sulome Anderson. En postant une photo d'elle embrassant son petit ami juif, elle a souhaité pendre le contre-pied afin de montrer que les confessions peuvent s'entendre, et même s'aimer !

Il m'appelle neshama (terme hébreux qui désigne l'âme humaine, ndlr), je l'appelle habibi (qui signifie dans ce contexte bien-aimé en arabe). L'amour ne parle pas la langue de l'occupation.

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Elle raconte alors à ABC News que leur relation interconfessionnelle n'a pas été aussi simple que ça à ses débuts :

Quand nous avons commencé à sortir ensemble, on se disputait souvent au sujet de la politique et lentement mais sûrement, on  a commencé à trouver un consensus. On continue à s'engueuler parfois, mais maintenant on comprend mieux les points de vue de chacun.

Il faut dire qu'entre sa relation amoureuse et l'histoire de son père, ancien chef du bureau Moyen-Orient de l'agence Associated Press qui a été retenu prisonnier pendant près de sept ans par le Hezbollah, la jeune femme de 29 ans a des raisons de vouloir la paix. Retweetée plus de 1200 fois, la photo est devenue rapidement virale. Et de nombreux couples ont décidé de faire des réseaux sociaux leur havre de paix.

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Amour > Haine. Ce qui me passionne vraiment, c'est qu'il y a des gens dont je ne partage pas le même point de vue, parce qu'ils sont du côté pro-israélien, qui ont retweeté notre image, se réjouit Sulome Anderson. Car ce qui compte ce n'est pas que les personnes partagent le même avis, mais qu'elles partagent ce même message.

En à peine deux semaines, presque 600 personnes ont été tuées et plus de 100 000 déplacées. Si certaines personnes réagissent en traitant le couple initiateur de ce mouvement d'utopistes, ou que d'autres ironisent en disant "en tout cas on ne risque pas de décerner à Dieu le prix Nobel de la paix", un message d'amour et de pacifisme est toujours bienvenu.

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Deux enfants, deux peuples, deux (vraiment libre et indépendant) Etats.

Quand le pouvoir de l'amour l'emporte sur l'amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix. – Jimi Hendrix

Pourquoi ne peut-on pas simplement vivre ensemble ?

Ma mère est juive, mon père est musulman, comment puis-je être ma propre ennemie ?

Juif et Arabe, en couple. Nous cohabitons dans la paix ! ... c'est aussi une solution.

Par Anaïs Chatellier, publié le 22/07/2014

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