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Éthiques ou voyous : le classement des grandes marques de fringues

Publié le

par Clotilde Alfsen

Zara, Uniqlo, Topshop et d'autres grandes marques sont appelées à être plus transparentes sur les lieux et leurs méthodes de production. 

Au Bangladesh, les ouvrières de l'industrie textile travaillent souvent dans des conditions indignes pour de grandes marques internationales. (© Asian Development Bank/Flickr/CC)

La fast fashion est partout : il suffit de reluquer quelques secondes une paire de chaussures sur un site de vente en ligne, pour la voir apparaître sur votre fil Facebook pour le reste de la semaine. Les modes changent de plus en plus vite, les stocks se vident et se remplissent à la vitesse de la lumière. Le problème, c'est que ces vêtements, fabriqués parfois très loin de chez vous, ne sont pas toujours confectionnés dans de bonnes conditions.

Les géants de la mode sont rarement transparents sur leurs méthodes de fabrication et omettent souvent de renseigner les consommateurs. La branche australienne d'Oxfam, une ONG internationale qui lutte contre la pauvreté, a donc publié un rapport qui invite les grandes marques à plus de transparence. Deux listes ont été dressées : une avec les "méchantes", qui ne précisent pas leurs lieux de production, et l'autre avec les "gentilles", qui communiquent sur leurs usines. Ce classement, qui n'est pas sans nous rappeler celui du Père Noël, est présenté à chaque fin d'année par l'ONG, afin de pousser les marques à indiquer publiquement les lieux de leurs ateliers.

Dans la liste des "méchantes" on retrouve Zara. La marque est décidément très loin de la production éthique. Rappelons que l'entreprise espagnole a récemment fait scandale parce qu'elle emploie (comme Mango et Asos) des réfugiés syriens en Turquie, qui travaillent 12 heures par jour pour 1 euro. Sans oublier l'histoire de cette femme qui a trouvé une souris morte coincée dans l'ourlet de sa robe... De leur côté, Gap et H&M passent cette année du côté des "gentilles". Si vous voulez connaître les raisons spécifiques de ce classement pour chaque marque, vous pouvez cliquer ici (et scroller un chouïa).

(© Oxfam)

Promesses et feintes

L'effondrement de l'usine du Rana Plaza, en 2013 au Bangladesh – une terrible catastrophe qui avait fait 1 135 morts et des centaines de blessés –, a eu l'effet d'un électrochoc sur l'opinion publique internationale quant aux conditions de fabrication des fringues bon marché que l'on achète sans réfléchir. L'usine produisait pour Zara, H&M and Benetton et d'autres marques occidentales.

Depuis, 200 marques ont signé l'Accord du Bangladesh pour améliorer la sécurité et les conditions de travail dans les usines du pays. Pour Oxfam, il s'agit de vérifier que les engagements sont réels et concrets. Le principe est simple : si on ne connaît pas les lieux de production, il n'est pas possible de savoir dans quelles conditions les ouvriers travaillent. Pour pouvoir agir, il faut donc commencer par inciter à la transparence.

En ce qui concerne l'Europe, l'indication de l'origine d'un produit non alimentaire est facultative. Et même quand c'est indiqué, il est bon de savoir qu'il suffit que la fermeture éclair de votre nouveau manteau ait été cousue en France pour qu'il soit gratifié du label "Made in France". En effet, le produit prend l’origine du pays où il a subi sa dernière transformation substantielle. Pourtant, les composants, les matières premières et les diverses étapes de la fabrication peuvent réalisés dans différents pays. Un jean fait ainsi en moyenne 1,5 fois le tour de la planète avant d'arriver en boutique, c'est-à-dire plus de 65 000 kilomètres de route !

Une bonne nouvelle malgré tout : Oxfam n'a jamais placé autant de marques dans la liste des "gentilles".

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