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Avec "Ouvrons nos écoles", des intellectuels s'engagent pour l'accueil des migrants

Publié le

par Ariane Nicolas

Rasul, three years old and from Baghdad, Iraq, waits with his family and others at the port of Mytilene on the Greek island of Lesbos. They had recently arrived by boat from Turkey, and here are waiting for a ferry to the Greek mainland to continue their migrant journey further into Europe. In the background are his mom, sister, and two young Syrian men.

Signée notamment par Alain Badiou, Thomas Piketty ou Frédéric Lordon, dans Libération, cette tribune est un engagement fort envers les migrants.

Un enfant syrien réfugié à Lesbos (Grèce), en octobre 2015. (iStock/Getty images)

Ils veulent défendre "la dignité de tous les exilés". Dans une tribune publiée dans Libération, mardi 2 mai, des intellectuels et artistes s'engagent pour l'accueil des migrants. Constitués en un collectif appelé Resome (Réseau études supérieures et orientation des migrants et exilés), ils déplorent l'inaction du gouvernement en matière d'éducation des migrants et demandeurs d'asile, plaidant pour une "nouvelle conception de l'accueil".

Le titre de cette tribune est sans appel : "Ils ferment les frontières, ouvrons nos écoles." Parmi les signataires, des universitaires célèbres, majoritairement classés à gauche (Alain Badiou, Edgar Morin, Thomas Piketty, Éric Fassin, Frédéric Lordon, Pascal Boniface, Geneviève Fraisse), mais aussi des enseignants, des élèves ou des artistes, au rangs desquels l'actrice Jeanne Balibar.

"Partout, des groupes se constituent"

Ces personnes regrettent notamment la politique de retour mise en place entre l'Union européenne et la Turquie, synonyme de refoulement de milliers de candidats à l'exil. Contre cette initiative, ils écrivent :

"Une certitude : que la langue et la connaissance sont les fondements de la dignité et de la reconstruction de soi. Une revendication : la liberté d’étudier et de développer ses projets sur le sol où l’on vit.

Nous avons décidé de répondre à cette nécessité. Partout, depuis septembre 2015, des groupes se constituent, des programmes s’ouvrent, très souvent soutenus par la direction des écoles et des universités, pour faciliter l’accès aux savoirs et à l’apprentissage du français aux réfugiés."

Une forme de désobéissance civique, pour laquelle ils fournissent des modalités pratiques :

"Organisation de cours de FLE [français langue étrangère], mise en place de tandems linguistiques, d’activités culturelles et sportives, de films et de discussions, ouverture aux infrastructures des établissements d’accueil (bibliothèques, restaurants, campus), aide à l’orientation, accompagnement dans les démarches, tutorat enseignant et binôme étudiant, conférences où la parole est donnée aux migrants, moments festifs de rencontre…"

Ce collectif Resome "propose de mettre en réseau l’ensemble des initiatives existantes ou émergentes, afin de s’organiser pour répondre aux besoins des premiers concernés". Coïncidence du calendrier, cette tribune est parue la veille de l'évacuation de centaines de migrants, à Paris, qui avaient trouvé refuge... dans un lycée en travaux.

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