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Once, l'appli de slow dating qui veut concurrencer Tinder

Publié le

par Théo Chapuis

Une appli de rencontres qui vous propose un seul profil par jour ? C'est le pari de Once, un service made in France qui veut se faire une place dans la cour de Tinder et Happn.

Extrait de l'interface de l'application Once (Crédits image : Once)

Vous vous sentez seul, mais pas question de céder aux sirènes des sites de rencontre en ligne ? Ou bien trouvez-vous Tinder trop volatile ? Peut-être les "swipes" incessants de Tinder ont-ils eu raison de votre libido ? Il faut admettre que dans notre société toujours plus connectée, draguer n'a jamais autant ressemblé à un mélange entre le Zapping de Canal+ et l'organisation de sa journée au bureau.

Face à la lassitude de certains utilisateurs face à cette obsession de vivre toujours plus vite, Jean Meyer, un jeune entrepreneur français a créé une appli de rencontres qui se veut différente : Once. Très vite, il oppose son modèle "comme le contre-pied de Tinder ou d'Happn", qu'il n'hésite pas à taxer de "supermarchés du cul". Son principe est en effet bien différent, puisqu'au lieu de faire son marché, l'utilisateur ne se voit proposer qu'un seul nouveau profil par jour. Dans l'éventualité où les deux personnes "matchent", un tête-à-tête s'engage pendant une journée, délai pendant lequel il est impossible d'entrer en interaction avec d'autres profils. Jean Meyer explique auprès de Challenges pourquoi il a développé une telle application :

Sur Tinder, j'ai eu 2 042 matchs en trois ans. Mais en réalité tu as autre chose à faire de ta vie que swiper comme un con pendant 3 heures, s'amuse Jean Meyer, le fondateur de l'application Once. Tu passes deux minutes sur Once et tu vas avoir l'attention d'une seule personne pendant 24 heures. C'est comme un Kinder Surprise ou le calendrier de l'avent.

Once se veut l'application de la drague exclusive. Et l'entrepreneur d'inventer un nouveau mot au passage : le "slow dating" – en opposition au "speed dating", mais aussi au "fast food", et pourquoi pas à rapprocher de la "slow TV" et des étranges vidéos d'ASMR sur YouTube.

Mais comment les profils que l'utilisateur reçoit sont-ils choisis ? Selon 20 Minutes, si des algorithmes se basent bien sur les infos renseignées (âge, sexe, préférence sexuelle, religion, ville, formation, "origine ethnique", langues parlées, etc.), ce sont ensuite des "entremetteurs", au nombre d'une trentaine, "travaillant de chez eux, au profil assez flou" qui choisiront le profil envoyé selon vos préférences. Comment ça marche ? "Au feeling parfois", admet le patron de Once – comme une bonne vieille agence matrimoniale, donc. Après tout, le slogan de l'appli n'est-il pas "Qui allons-nous choisir pour vous ?"

Le bon vieux "qui se ressemble s'assemble" a de l'avenir

S'il y a pourtant bien quelques critères, ceux-là ne révolutionnent en rien l'univers impitoyable du love 2.0. L'apparence est le premier d'entre eux, l'application sachant repérer vos préférences au fur et à mesure que vous l'utilisez.

Tout aussi peu progressiste, le deuxième critère de "match" s'assure que les deux utilisateurs partagent bien une même catégorie socio-professionnelle : à 20 Minutes, Jean Meyer déclare : "on va choisir pour une personne qui a fait Science Po un profil de type chirurgien". Once ne s'encombre pas de lutter contre ce bon vieux déterminisme social : selon l'entrepreneur, puisque la plupart des gens "se marient avec des personnes du même background social", pourquoi s'ennuyer à mélanger les cadres et les prolos ? Par ailleurs, le partage de centres d'intérêt communs n'est qu'un menu détail parmi les critères retenus.

Donc un conseil pour avoir le maximum de choix et tomber sur de bons partis : ne ménagez pas les artifices pour parfaire votre photo de profil et mentez sur votre CV. Ce n'est certes pas ce qu'on vous apprend à l'école mais la vie est injuste, à vous de vous débrouiller avec elle. Le reste, vous l'expliquerez lors du premier rencard...

Il faut croire que ça fonctionne : alors que l'appli a été lancée au printemps dernier à New York, où elle revendique 100 000 utilisateurs, elle a levé 3,5 millions de dollars (environ 3,13 millions d'euros). Mais conquérir le marché américain n'est pas le but de Jean Meyer, qui parie plutôt sur "les marchés européens qui sont vierges de toute concurrence", notamment France et Royaume-Uni dans un premier temps. 500 000 utilisateurs en décembre, voilà l'objectif de Once.

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