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On a regardé en entier le discours du Congrès de Versailles d’Emmanuel Macron (sans s’endormir)

Publié le

par Cyrielle Bedu

Lundi 3 juillet, Emmanuel Macron s’est adressé aux députés et aux sénateurs au château de Versailles. Ce discours de près d’une heure et demie nous a semblé bien long… On met toutefois en lumière les principales annonces de ce grand oral hors norme, à destination des parlementaires et des Français.

Ah le château de Versailles… : ses jardins, sa galerie des glaces, ses appartements royaux… Et les visites désormais récurrentes qu’y fait Emmanuel Macron. Lundi 3 juillet, le chef de l’État s’est en effet rendu au château de Versailles dans le cadre d’une visite officielle pour la seconde fois depuis le début de son mandat. Après y avoir accueilli le président russe Vladimir Poutine lundi 29 mai dernier, le président a cette fois donné rendez-vous aux parlementaires français au sein des murs du château, pour un grand oral qui s’apparentait au "discours sur l’état de l’Union" américain - ce rendez-vous annuel au cours duquel le président des États-Unis dévoile au Congrès son programme pour l’année en cours.

Le discours d’Emmanuel Macron a donc duré près de deux heures. 1 heure 40 pour être plus précis. Une période durant laquelle nous avons essayé, comme bon nombre d’internautes, de ne pas nous endormir afin de retenir les annonces importantes de ce discours, qui remplacera d’une certaine façon l’interview traditionnelle du 14-Juillet, à laquelle Emmanuel Macron a déclaré ne pas vouloir se plier. En raison de sa "pensée complexe"

La fin de l’état d’urgence prévue pour cet automne

"Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne. Parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte", a déclaré le chef de l’État lors de son discours. Emmanuel Macron a ajouté que des "mesures renforcées" sur le terrorisme seront votées par le Parlement, et qu’elles "seront placées sous la surveillance du juge judiciaire, dans le respect intégral et permanent de nos exigences constitutionnelles et de nos traditions de liberté".

Le 7 juin dernier, Le Monde révélait les contours d’un projet de loi antiterroriste, fortement critiqué par la presse, dans lequel il était question d’intégrer l’état d’urgence dans le droit commun. À voir donc.

Diminution du nombre des parlementaires

Emmanuel Macron souhaite "une réduction d’un tiers" du nombre des parlementaires.

"Un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c’est un Parlement où le travail devient plus fluide, où les parlementaires peuvent s’entourer de collaborateurs mieux formés et plus nombreux. C’est un Parlement qui travaille mieux.

C’est pourquoi je proposerai une réduction d’un tiers du nombre de membres des trois assemblées constitutionnelles", a annoncé le président français.

L’introduction d’une "dose de proportionnelle"

Le 13 juin dernier, le Premier ministre Édouard Philippe s’était déjà dit favorable à l’introduction d’une dose de proportionnelle. Cette fois, devant les parlementaires, Emmanuel Macron a tenu à confirmer cette volonté d’introduire ce mode de scrutin, selon lequel la diversité des opinions politiques des Français serait davantage représentée, puisque chaque parti obtiendrait des sièges en proportion du nombre de suffrages obtenus :

"Je crois à la vertu du pluralisme plein et entier. Au respect plein et entier des oppositions. Non parce qu’il s’agirait d’un usage mais parce que c’est la dignité du débat démocratique."

Un tacle à la presse

Sans nommer les journalistes, Emmanuel Macron a clairement visé les médias lors de son grand oral. Le chef de l’État avait très certainement en tête les récentes affaires qui ont poussé certains de ces ministres à la démission :

"J’appelle à en finir avec cette recherche incessante du scandale, avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites et où la reconnaissance de l’innocence, des mois voire des années plus tard, ne fait pas le dixième du bruit qu’avait fait la mise en accusation initiale", a ainsi lancé le chef de l’État. "Cette frénésie, qui a touché tous les camps depuis tant de mois et parfois tant d’années, est indigne de nous et des principes de la République."

Une réforme du droit d’asile

Le président a annoncé vouloir réformer "en profondeur" le droit d’asile en France : "Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection émanant d’hommes et femmes menacés par la guerre et la persécution", a-t-il ainsi déclaré. "Ceux qu’on appelait en 1946 les combattants de la liberté."

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