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"On a mis les haut-parleurs à fond pour narguer les djihadistes" : Mossoul est presque libérée

Publié le

par Astrid Van Laer

Jeudi 29 juin, les forces irakiennes ont annoncé avoir repris le contrôle de la mosquée Al-Nouri, symbole de Mossoul aux mains de l’État islamique depuis 2014. Mardi, la fin du ramadan était fêtée dans la ville dans une ambiance d’espoir et de joie, disparus depuis le début du conflit opposant l’armée à Daesh.

Jeudi 29 juin, les autorités irakiennes ont annoncé avoir repris possession de la mosquée Al-Nouri. Il y a trois ans, le 4 juillet 2014, Abou Bakr Al-Baghdadi, l’autoproclamé calife et leader de l’État islamique, y avait prononcé sa première et unique allocution publique à ce jour. Bien que pratiquement intégralement détruite depuis, il s’agit d’un lieu hautement symbolique. Le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi a annoncé sur son compte Twitter "la fin du faux État de Daesh".

Mardi 27 juin était fêté l’Aïd el-Fitr, c’est-à-dire la fin du ramadan. La manière dont l’évènement a été célébré témoigne d’un climat relativement apaisé, chose impossible depuis le début du conflit. Des centaines d’Irakiens ont pour l’occasion participé à une manifestation intitulée "La Caravane de la liberté". Saleh Lyes, instigateur de l’évènement, a raconté à France 24 ce qui a motivé cette initiative :

"L’idée était de faire venir des personnalités issues de la société civile, des artistes et des journalistes pour passer une fête de l’Aïd solidaire avec la population de Mossoul. […]

À leur arrivée, ils ont fait une visite de l’université de Mossoul, et lancé des appels aux dons pour sa reconstruction. Ils ont aussi ramené environ 3 000 ouvrages qu’ils ont offerts à la bibliothèque de l’université."

"Organiser une fête à proximité de la zone de combats était un vrai défi"

Feu d’artifice, musique, drapeaux irakiens et fleurs en main : la fête était à l’honneur, et ce malgré l’immense difficulté de célébrer dans une ville à moitié dévastée et des "centaines de civils qui sont toujours pris au piège des combats", comme l’explique Saleh Lyes :

"Organiser une fête à proximité de la zone de combats était un vrai défi pour nous, car le lieu des festivités est encore à portée de tirs des jihadistes.

On a mis les haut-parleurs à fond, pour qu’ils nous entendent chanter et nous amuser. On voulait les narguer. Heureusement, il n’y a eu aucun incident."

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