© Dan Durda

On aurait découvert la première exolune, super fat et super lointaine

Elle serait aussi grosse que Neptune et ferait donc quatre fois la taille de la Terre.

© Dan Durda

Si l’on prend en compte ses planètes naines, notre Système solaire comporte un chouïa moins de deux cents satellites naturels, qu’il est convenu, pour faire plus simple, d’appeler lunes. Des exolunes (des lunes situées en dehors du Système solaire), en revanche, n’avaient jamais pu être observées. Pour la première fois, une "exocandidate" a peut-être été trouvée.

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Nous devons cette possible découverte à deux observateurs assidus (sept ans d’épluchage d’images satellite, rendez-vous compte) de l’université de Colombia, Alex Teachey et David M. Kipping, qui ont officialisé leurs conclusions dans le journal Science Advancese et que The Verge nous raconte.

Cette exolune serait rattachée à l’exoplanète Kepler-1625b (située à 4 000 années-lumière de la Terre, aussi grosse que Jupiter, et gravitant autour d’une étoile similaire au soleil) et fait la taille de Neptune, qui elle-même fait environ quatre fois la Terre. En comparaison avec notre bonne veille Lune et de nombreux autres satellites naturels, nous avons donc un monstre, ni plus ni moins et c’est justement son aspect gargantuesque qui a permis sa mise en lumière.

Alex Teachey et David M. Kipping ont utilisé, successivement, deux télescopes, Kepler dans un premier temps puis Hubble pour confirmer les observations. La même technique que pour démontrer l’existence d’exoplanètes a été utilisée : observer les variations du scintillement des étoiles – ce qui se produit habituellement lorsqu’une une exoplanète observable passe "devant" une étoile.

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En effet, lorsqu’une exoplanète se promène entre l’étoile et nous, observateurs terriens, elle fait l’effet d’une tache qui provoque une réduction de l’émission lumineuse. Les chercheurs ont su différencier l’exoplanète de l’exolune en constatant que la tache sombre revenait de manière plus sporadique et irrégulière que celles qu’ils avaient l’habitude de contempler.

Un deuxième indice les a mis sur la piste : certains satellites peuvent exercer une attraction sur la planète autour de laquelle ils gravitent, modifiant légèrement leur course orbitale traditionnelle. C’est ce qui s’est passé : Kepler-1625b semble avoir été irrésistiblement attirée par le pas de danse amoureux initié par l’exolune.

Si cette exolune est bien une exolune (les chercheurs appellent à la prudence, réclamant davantage d’observations soumises aux confrères et aux télescopes), la découverte pourrait nous faire progresser sur deux chantiers : comprendre la formation de certaines exoplanètes et, éventuellement, trouver d’autres exolunes qui pourraient ou auraient pu présenter un terreau favorable au développement de la vie. Genre, de l’eau.

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Concernant le satellite de Kepler-1625b, l’hypothèse a été écartée. Malgré le fait que cette exoplanète se trouve à une distance similaire à celle entre la Terre et son brave Soleil, la taille de Kepler-1625b et son exolune sont telles qu’il s’agirait probablement de planètes essentiellement gazeuses, à l’instar de Jupiter et Neptune.

Par Pierre Schneidermann, publié le 04/10/2018

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