On a été au Pitti Uomo de Florence, le plus grand salon de mode masculine

Le succès du Pitti Uomo nous prouve que Florence est la capitale de la mode masculine.

Né en 1972 à Florence, le Pitti Immagine (plus connu sous le nom de "Pitti Uomo") est le plus grand et le plus important salon de mode masculine du monde. Afin de mieux cerner le phénomène, nous y sommes allés. Tout a commencé en 1951 avec les premiers défilés organisés par Giambattista Giorgini, un entrepreneur considéré par beaucoup comme "l’inventeur de la mode italienne".

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Contrairement aux idées reçues, c’est bien à Florence que la mode masculine transalpine est née – et non à Milan. Giorgini présentait toutes les collections qu’il supervisait au sein du majestueux palais Pitti de Florence. C’est de là que vient le non "Pitti Uomo" ("uomo" veut dire "homme" en italien).

Aujourd’hui, ce sont Paris, Londres, Milan et New York qui sont réputées pour être les capitales de la mode. Si la mode féminine évolue essentiellement au sein de ces métropoles, la mode masculine a trouvé sa place en Toscane. Le Pitti Immagine donne à cette dernière une visibilité à travers le monde, comme nous l’a expliqué Riccardo Vannetti, le tutorship director du Pitti.

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Effectivement, cette manifestation est une véritable pièce de théâtre qui met en scène tous les projets de la mode masculine. Véritable événement populaire, le Pitti prend place aux quatre coins de Florence, et est animé par de nombreuses soirées et défilés. Aujourd’hui, cet événement annuel est un pan à part entier de la culture des Florentins.

Riccardo Vannetti nous assure qu’il n’y a aucune concurrence avec Milan. "On dit souvent que la Fashion Week Homme commence à Florence et se termine à Milan. Les deux villes ont signé un arrangement avec la chambre syndicale de la mode italienne", explique-t-il.

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Un salon connu pour ses street styles mêlant classique et excentrique

Bien plus qu’un salon, le Pitti est une société qui cherche à donner une vision très claire du lifestyle. Là-bas, la compétition se concentre sur le look qui saura être chic, coloré et exubérant à la fois. La classe à l’italienne est au rendez-vous, rappelant les Peacocks, ces hommes élégants, soignés et vêtus de façon très classe qui allaient se montrer aux Fashion Week.

Au Pitti, tout le monde se scanne de la tête aux pieds, et si vous avez une pièce intéressante, préparez-vous à poser devant des photographes même si vous êtes monsieur Nobody. C’est donc dans cette atmosphère bon enfant que tous les photographes, influenceurs, journalistes et acheteurs déambulent entre les stands du Pitti, jus de fruit à la main et lunettes de soleil sur le nez.

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Cet immense salon, qui expose 1 256 marques, est réparti sur plusieurs espaces. Chaque recoin est équipé de prises afin de permettre aux visiteurs de recharger leur téléphone, parce que, bien évidemment, la course aux clics sur les réseaux sociaux participe à toute cette frénésie.

Le Pitti est le reflet de la mode italienne (60 % des marques exposées sont italiennes), et qui dit mode italienne dit costume trois pièces, chaussures pointues minutieusement cirées, nœuds papillons multicolores et cheveux plaqués en arrière. C’est l’occasion de redécouvrir les classiques costumes d’Armani et de Comme des garçons, agrémentés de quelques accessoires plus excentriques qui font toute la tenue.

Les tendances qui se dégagent du Pitti Uomo

©Proj3ect Studio

Pour chaque édition, le Pitti met en lumière une nation. Cette fois-ci, c’était la Géorgie qui était mise à l’honneur. Effectivement, Riccardo Vannetti nous explique que depuis l’arrivée fracassante de Gosha Rubchinskiy au sein de la sphère mode, la Géorgie devient de plus en plus intéressante en termes de tendance.

Comme nous l’explique ce dernier, les Géorgiens n’ont pas fait d’école de mode et ont tout appris aux côtés de leurs mères. C’est cette approche artisanale qui est particulièrement intéressante. On découvre alors des collections vivement inspirées de l’esprit de Margiela ou encore de Vetement. Les créateurs géorgiens et leur style très avant-gardiste sont donc à suivre de très près.

Nous pouvons également relever le revival de Lotto, Fila, Franklin & Marshall (oui, ça existe encore) ou encore Kappa, qui revient avec une collection colorée façon 90’s. De son côté, K-Way s'intéresse à la montagne avec des tenues dédiées au ski. Sebago revisite ses classiques avec des baskets inspirées de Vans, et Superga succombe à la mode des dad shoes avec ses semelles ultralarges.

Les défilés marquants de cette édition

Ce qui participe au charme incontestable du Pitti Immagine, ce sont tous ces défilés grandioses qui prennent place dans des lieux magnifiques et qui nous font découvrir Florence comme on ne l’a jamais vue. On a notamment eu l’occasion d’admirer la collection de Craig Green, le créateur qui réinvente la silhouette masculine et qui était l’invité d’honneur de cette édition.

C’est donc au sein du sublime jardin de Boboli que Craig Green, comme à son habitude, nous a impressionnés par ses effets visuels, ses créations conceptuelles, ses jeux de transparences maîtrisés, ses silhouettes colorées et volumineuses d’où émanent une spiritualité qui nous envoûte.

Nous avons également pu admirer la nouvelle collection capsule de Cos au sein d’une sublime place encerclée d’arcades. À cette occasion, le label suédois s’est associé au chorégraphe Wayne McGregor afin de nous dévoiler une performance bluffante et qui a réussi avec brio à mettre le vêtement en mouvement de façon extrêmement poétique.

Le Pitti était également animé par la première collection homme de Paul Surridge pour Roberto Cavalli, présentée au sein d’une ancienne abbaye qui surplombe Florence. Une première collection réussie, dévoilant de nombreuses dorures et une surcharge de motifs, restant ainsi fidèle à l’ADN de la marque.

Enfin, le créateur Fumito Ganryu nous a envoyé un message de détresse avec ses créations lugubres, ses vestes façon gilets de sauvetage et ses t-shirts estampillés "Water". Une collection aux messages multiples, qui tend notamment à nous sensibiliser aux causes de l’environnement et de la défense des migrants.

Par Manon Baeza, publié le 28/06/2018

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