Les positions climatosceptiques du 45e président élu des États-Unis inquiètent les acteurs de la politique environnementale mondiale (fiage Skidmore/Flickr)

Climat : l'ombre de Donald Trump plane sur la COP22

Mardi 15 novembre, 180 chefs d'État et de gouvernement sont attendus à la tribune de la COP22 qui se déroule à Marrakech… une semaine après l'élection de Donald Trump, climatosceptique assumé. 

Les positions climatosceptiques du 45e président élu des États-Unis inquiètent les acteurs de la politique environnementale mondiale (fiage Skidmore/Flickr)

Les positions climatosceptiques du 45e président élu des États-Unis inquiètent les acteurs de la politique environnementale mondiale (fiage Skidmore/Flickr)

L'élection de Donald Trump a soulevé un vent de panique dans les allées de la conférence de l'ONU sur le climat. Le prochain président des États-Unis, deuxième État pollueur mondial, avait déclaré pendant sa campagne que le réchauffement climatique était un "canular" et promis de relancer la production américaine de charbon. Donald Trump a également annoncé qu'il "sortirait" de l'Accord de Paris.

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La question "Trump"

La première semaine de la COP22 avait commencé tranquillement lundi 7 novembre. Des conférences, expositions et discussions préparaient la mise en place des objectifs imposés par la ratification de l'Accord de Paris. Puis, au matin du 9 novembre, le monde a appris l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis et l'ombre d'un président climatosceptique à la tête de la première puissance économique mondiale s'est mise à planer sur la conférence.

Comme le rapporte Le Monde, Jonathan Pershing, négociateur en chef des États-Unis pour le climat, a voulu être très clair lors d'une conférence de presse lundi 14 novembre. La lutte contre le réchauffement reste une  "top priorité" du président Barack Obama et "le contexte créé à Paris [avec la signature d’un accord universel, le 12 décembre 2015, en toute fin de COP21] reflète la demande mondiale pour l’action en faveur du climat", a-t-il affirmé. "La question n’est pas de savoir s’il faut renforcer l’action mais quand et comment" le faire.

Ainsi que le souligne Libération, Jonathan Pershing, s'il a évoqué Trump en filigrane, a préféré insister sur le mouvement enclenché durant la COP21 :  "Les chefs d’État peuvent changer, et vont changer, mais je suis sûr que nous maintiendrons un effort international durable pour lutter contre le changement climatique. C’est un effort mondial qui a rendu l’accord [de Paris] possible, et l’engagement qui l’a permis est de nouveau évident à la COP22."

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Une déclaration importante et attendue à la veille de l'arrivée de 180 chefs d'État et de gouvernement. Tous les participants ont une question en tête : les conséquences de l'élection de Donald Trump sur les négociations de cette 22e conférence de l'ONU pour le climat. "Nous attendons qu’ils rappellent qu’ils [les chefs d'État, ndlr] sont prêts à continuer l’action et à l’accélérer, et qu’ils envoient un message fort à Trump et au reste du monde", a notamment commenté Célia Gautier, du Réseau Action Climat (900 ONG).

Sont notamment attendus ce mardi :  le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le roi du Maroc Mohammed VI et le président français François Hollande. Au total, une trentaine de chefs d'État du continent africain seront présents, ainsi que les "partenaires de l'Afrique" :  les États-unis, la France, l'Inde, la Chine, le Japon et la Russie, des représentants du Conseil de coopération du Golfe arabique (CCG), de l'Union européenne (UE), de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale.

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Money, Money

Pour que la Cop22 ait un sens, il faut que les chefs d'État et de gouvernement décident de s'investir, politiquement et diplomatiquement.  Mais il faudra évidemment aussi investir des sous et des moyens pour favoriser les projets innovants et respectueux de l'environnement. Et c'est là où les associations jugent les États toujours un peu frileux.

Alors que l'on sait déjà que les engagements pris à Paris ne permettront pas de limiter le réchauffement à 2 °C, (la température globale augmentera plutôt de 3 ou quatre degrés), une action ambitieuse est d'autant plus nécessaire.

Les nations les plus pauvres attendent notamment de savoir si les pays développés tiendront  leur engagement de mobiliser en leur faveur 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020.

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La question Trump rejaillit ainsi sur les questions d'investissements : les États-Unis sont le principal bailleur de fonds, entre autres pour l’aide à l’adaptation face au changement climatique, des pays les plus vulnérables. Et Donald Trump a annoncé qu'il supprimerait des paiements promis aux Nations unies.

Lueur d'espoir

Heureusement, certains projets rassurent et se font le signe d'un engagement mondial contre le réchauffement climatique.

La grande muraille verte par exemple, est un projet développé par l'Union africaine pour affronter les effets de la désertification. Un couloir de verdure, long de 7 600 kilomètres et large de 15 devrait ainsi planté de la Mauritanie à Djibouti afin d'enrayer l’avancée du désert.

Par ailleurs, dans un communiqué diffusé lundi, la Maison-Blanche a promis de nouvelles contributions permettant de financer différents projets à travers le monde : notamment des infrastructures solaires au Salvador et en Inde (à hauteur de 125 millions de dollars) ainsi qu'en Afrique subsaharienne (4 millions de dollars).

Autre bonne nouvelle : l’Australie, qui n'est pourtant pas en première ligne sur les sujets climatiques et est présente dans la même coalition de pays que les États-Unis (le groupe parapluie), a ratifié le texte juste après l’élection de Donald Trump.

En attendant que le nouveau président américain se positionne sur les enjeux environnementaux, l'équipe de négociation américaine veut créer le plus d'avancées concrètes jusqu'à la fin du mandat de Barack Obama, le 20 janvier 2017. Tic tac, tic tac.

Par Clotilde Alfsen, publié le 15/11/2016

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