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Faute de gagnant, Google clôture sa grande course vers la Lune

Publié le

par Pierre Schneidermann

Google a annoncé la fin du concours Lunar Prizee, lancé en 2007. Son but était d’encourager une entreprise privée à envoyer un rover sur la Lune, afin de faire avancer la recherche. Les 30 millions de dollars promis ne seront donc pour personne !

(© Sony Pictures)

En septembre 2007, Google lançait un concours des plus ambitieux : une récompense de 30 millions de dollars (environ 24 millions d’euros) serait offerte à l’équipe qui 1) enverrait un rover sur la Lune, 2) lui ferait parcourir 500 mètres, et 3) ferait tourner au rover une vidéo en HD qui, depuis la Lune, serait transmise à la Terre.

Depuis la mission Apollo 17 en 1974, les États s’étaient désintéressés de la conquête lunaire. Le Google Lunar Prizee avait donc été imaginé pour stimuler les esprits les plus audacieux – entrepreneurs, ingénieurs, inventeurs en tous genres – gravitant en dehors des agences spatiales traditionnelles. Pour dire les choses un peu pompeusement, il ne s’agissait ni plus ni moins que de disrupter l’aventure lunaire.

Seize au départ, le nombre d’équipes s’était ensuite réduit à cinq. Restaient en lice des Israéliens, des États-Uniens, des Indiens, des Japonais et une équipe internationale. Face aux retards successifs, la date de clôture du concours avait été repoussée plusieurs fois, avec une échéance ultime fixée au 31 mars 2018… mais abandonnée entre-temps.

Dans le communiqué d’adieu publié le 23 janvier, les organisateurs expriment un peu de déception et évoquent beaucoup de raisons de se réjouir : les équipes auront notamment levé 300 millions de dollars (environ 240 millions d’euros) au total auprès d’entreprises ou d’entités publiques ; le concours aura créé des emplois et déclenché dans la foulée la création d’agences spatiales en Inde, en Malaisie, en Israël et en Hongrie ; enfin, le Google XPrize, de par l’envergure de sa couverture médiatique, aura asséné une bonne dose d’inspiration aux petits comme aux grands.

Sur ce dernier point, donnons raison au communiqué. En 2016, j’avais discuté avec l’équipe allemande, les Part-Time Scientists. Il faut bien reconnaître que leur aventure était plutôt très enthousiasmante : ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de construire un rover lunaire low cost en dehors sentiers battus, dans l’inconnue la plus totale.

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