Système d’étourdissement électrique défaillant à l’abattoir de Limoges ( ©L214)

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Il n'y aura finalement pas de contrôle vidéo dans les abattoirs

Les députés se sont finalement opposés à la mise en place de la vidéosurveillance dans les abattoirs, pourtant considérée comme la proposition clé du premier texte législatif en France relatif au "respect de l’animal en abattoir". 

Système d’étourdissement électrique défaillant à l'abattoir de Limoges ( ©L214)

Système d’étourdissement électrique défaillant à l'abattoir de Limoges. Des cochons se débattent et doivent être électrocutés une nouvelle fois. (© L214)

Après de nombreuses vidéos chocs relayées par l'association de défense des animaux L214 depuis un an, une commission d'enquête parlementaire avait rendu 65 propositions en septembre dernier afin d'accroître la transparence, le contrôle et les sanctions dans les 960 abattoirs de boucherie et de volaille français. La proposition de loi "relati[ve] au respect de l’animal en abattoir" qui en découle a été adoptée à l’Assemblée nationale mercredi 14 décembre. Mais le dispositif de vidéosurveillance, considéré comme la mesure phare du texte, n'y figure plus.

Un texte vidé de sa substance

Comme l'explique Le Monde, qui relaye l'information, les parlementaires ont finalement supprimé deux articles de la proposition de loi, dont celle sur la vidéosurveillance proposée par le rapporteur Olivier Falorni (Parti radical de gauche). Celui-ci a donc voté contre le texte qu'il avait initié, dénonçant ainsi "un sabotage" et un projet "totalement dénaturé". Selon le député de Charente-Maritime, cette révision du texte ne fait que refléter la position "extrêmement conservatrice de la commission" alors que cette mesure serait plébiscitée par 85 % des Français et l'ensemble des associations de protection animale.

Les élus qui ont demandé la suppression de l'article plaident plutôt en faveur de l'expérimentation du dispositif dans un premier lieu, jugeant que celui-ci mettrait trop de pression aux salariés ou qu'il serait trop coûteux. En revanche, des mesures renforçant la transparence lors de l'abattage ont été votées comme la présence obligatoire d'un agent vétérinaire aux postes d'étourdissement des animaux. Par ailleurs, la maltraitance des animaux en abattoir y est enfin qualifiée de délit pénal.

Quant au texte, il fera l'objet de nombreuses navettes parlementaires avant d'être éventuellement révisé puis définitivement adopté par le Sénat et l'Assemblée nationale.

Par Jeanne Pouget, publié le 15/12/2016

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