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En Nouvelle-Zélande, un fleuve vient d'être juridiquement reconnu comme une entité vivante

Publié le

par Jeanne Pouget

Le fleuve Whanganui sacré des Maoris a désormais est désormais reconnu comme une entité vivante (©James Shook/Wikimedia)

Le parlement néo-zélandais a reconnu, mercredi 15 mars 2017, la qualité d'"être vivant unique" au fleuve Whanganui, situé dans l'île du Nord.

Le fleuve Whanganui, sacré pour les Maoris, est désormais reconnu comme une entité vivante. (© James Shook/Wikimédia/CC)

C'est très probablement une première mondiale : en Nouvelle-Zélande, le fleuve Whanganui, considéré comme sacré par le peuple maori, s'est vu doté du statut de "personnalité juridique, avec tous les droits et les devoirs attenants", a précisé le ministre de la Justice du pays, Chris Finlayson. Concrètement, cela signifie que le fleuve peut, comme une personne physique, être défendu dans des procédures judiciaires par des avocats. Le cours d'eau est un être vivant unique, "partant des montagnes jusqu'à la mer, y compris ses affluents et l'ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques", indique ainsi la nouvelle législation.

Une reconnaissance juridique et spirituelle

Le Whanganui, baptisé Te Awa Tupua par les Maoris, est un lieu d'une grande importance spirituelle, considéré comme un trésor, pour le peuple natif de Nouvelle-Zélande. Depuis les années 1870, ils se battent ainsi pour défendre les intérêts de leur fleuve et préserver son identité originelle, faisant de "l'affaire Whanganui", le dossier judiciaire le plus long de l'histoire du pays. "La nouvelle législation est une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre l’iwi [tribu] Whanganui et son fleuve ancestral", s'est ainsi félicité Chris Finlayson.

"Je sais que certains peuvent trouver étrange le fait de donner le statut de personne légale à une ressource naturelle, mais cela n'est pas plus bizarre que de la donner à des fiducies, des entreprises ou à des sociétés", a-t-il ajouté. Dans le cadre de cette reconnaissance, la tribu a également reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52 millions d'euros) au titre des frais de justice ainsi qu'une somme de 30 millions de dollars pour améliorer l'état du cours d'eau.

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