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Vidéo : l'asso L214 dévoile une nouvelle fois les pratiques des abattoirs français

Publié le

par Jeanne Pouget

Elles se suivent et se ressemblent... L'association de défense des droits des animaux L214 publie deux nouvelles vidéos tournées en caméra cachée dans les abattoirs de Pézenas (Hérault) et du Mercantour (Alpes-Maritimes). Des images toujours aussi cruelles et révoltantes. 

En visitant l'abattoir de Pézenas, dans le cadre d'une commission d’enquête parlementaire lancée en avril dernier, le député de l’Hérault, Élie Aboud (LR) n’avait relevé "aucun dysfonctionnement". Quant à l'abattoir du Mercantour, qui n'affiche que six salariés et met en avant les circuits courts, il avait été l'objet d'audits mandatés par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll en avril également. Tous deux possèdent la certification Ecocert pour l’agriculture biologique (même si le cahier des charges ne prévoit pas de spécificités pour l’abattage).

Les images ci-dessus, tournées par des lanceurs d'alerte non identifiés entre novembre 2015 et mai 2016, et divulguées par L214, ont vocation à montrer qu'aucun abattoir n'abat les animaux de façon conforme à la législation, c'est-à-dire sans souffrance :

"On a envie de croire que le problème, ce sont les cadences. Mais les petits abattoirs à l’approvisionnement local ne garantissent pas une meilleure protection des animaux comparés à l’abattage industriel. Il n’y a pas de viande heureuse", analyse Sébastien Arsac, porte-parole de la L214 interrogé par Le Monde.

Des images cauchemardesques

Les vidéos, aux images difficilement soutenables, publiées par l'association L214 révèlent des pratiques non réglementaires puisque les animaux sont en souffrance, voire en situation de maltraitance. Surtout, elles démontrent une absence totale de contrôle.

Concernant l'abattoir de Pézenas, les chevaux, bovins et cochons sont illégalement treuillés ou suspendus par une patte. Leur étourdissement est raté, voire inexistant. La vidéo montre un employé perçant l’œil d’un mouton avec la pointe d'un couteau avant de l’égorger, quand d'autres coupent la gorge d’animaux conscients et en souffrance. À l'abattoir du Mercantour, ce n'est pas mieux : on y voit des veaux et des moutons – parfois immobilisés par une corde – abattus sans étourdissement par cisaillement de la gorge, en souffrance prolongée, ou encore un mouton s’enfuyant la gorge ouverte.

Selon Le Monde, l'abattoir de Pézenas, qui a découvert les caméra cachées, a porté plainte. Les responsables de celui du Mercantour ne souhaitent pas s'exprimer, évoquant la violation de domicile. Pour Olivier Falorni, député (RRDP) de Charente-Maritime et président de la commission d’enquête lancée en mars sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français, les vidéos de l'association montrent "la limite des contrôles humains [car] les actes de maltraitance avérés ne vont pas se produire sous nos yeux".

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