La nouvelle campagne Emmaüs s'en prend à Robert Ménard

La nouvelle campagne des compagnons d'Emmaüs attaque directement Robert Ménard, le maire de Béziers, proche du Front National. Un bon moyen pour ne pas oublier le scandale du fichage ethnique des élèves dans sa ville.

La nouvelle campagne des compagnons d'Emmaus. Crédits image : Emmaus.

La nouvelle campagne des compagnons d'Emmaüs. (Crédits image : Emmaüs)

"Emmaüs pratique l'accueil inconditionnel de tous. Que l'on s'appelle Ali, Ivan, Jacob, Mustafa, José et même Robert... de Béziers ou d'ailleurs" : voilà les mots inscrits sur la nouvelle affiche de l'association Emmaüs. Une référence directe à la récente actualité de la ville et à l'émoi provoqué par le scandale des statistiques ethniques à Béziers.

Le mouvement Emmaüs, qui milite pour le droit au logement et l'insertion sociale attaque de plein fouet le sulfureux édile. L'association a voulu montrer à quel point ses valeurs étaient aux antipodes de celles de l'ancien président de Reporters Sans Frontières. Le président d'Emmaüs réagit dans le Huffington Post :

Cette riposte du mouvement Emmaüs face à un comportement indigne d'un élu de la République s'inscrit dans la plus pure tradition des coups de gueule de l'Abbé Pierre. Des bancs sous cages d'Angoulême à l'instrumentalisation des repas servis à la cantine, les dérapages du personnel politique sont légion alors même que les signes de dislocation de la société sont bien réels.

Maire ou cowboy il faut choisir

En mai dernier, Robert Ménard avait affirmé sur France 2 dans l'émission Mots croisés qu'il était en mesure de donner des statistiques sur le nombre d'enfants supposés musulmans dans ses écoles, en se basant sur leur prénom. "Pardon de vous le dire que les prénoms disent les confessions" avait-il élégamment ajouté. Une déclaration qui fait scandale, encore plus dans la bouche du fils d'un membre actif de l'OAS.

Le cowboy de l'Hérault était ensuite revenu péniblement sur ses déclarations difficiles à assumer dans un communiqué précisant qu'il n'existait pas de fichiers d'enfants scolarisés dans les écoles publiques de sa ville. Une déclaration totalement contradictoire.

En février dernier, Robert Ménard autorisait la police municipale de sa ville à porter des armes à feu et le faisait savoir dans une campagne publicitaire agressive. Seule certitude : l'ancien président de Reporters Sans Frontières n'est donc pas prêt d'arrêter de susciter la polémique.

Pour lire la totalité de la réponse d'Emmaüs à Robert Ménard, direction le site de l'association.

Par , publié le 29/05/2015