Nouveau job : critique de marijuana

Le nouveau job "en vogue" aux États-Unis : critique de cannabis. Un article du New York Time fait les présentations.

Après les critiques de films, les critiques de séries, les critiques de restaurant et les critiques de vin, faites place aux critiques de marijuana ou, plus scientifiquement, les "critiques cannabiques". Dans un article publié le 7 novembre, le New York Times raconte comment il s'est invité chez Jake Browne, 31 ans.

Ce journaliste au Denver Post, le plus important quotidien du Colorado, a une particularité : il est aujourd'hui payé pour donner son avis sur l'herbe qu'il consomme. Il s'agit, selon le prestigieux journal, du tout premier "critique de marijuana [des États-Unis]".

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Si Jake Browne peut fumer en toute tranquillité et partager ses pensées sur la marijuana, c'est grâce à la nouvelle législation de l'État du Colorado, mise en place au 1er janvier 2014. Elle autorise la consommation récréative de cannabis.

Le journaliste résume son travail comme un critique gastronomique ordinaire. La seule différence ? Il met un point d'honneur à traduire en mots les émotions que lui procure son activité :

Je suis à la recherche de la manière dont la marijuana se consume, son goût, si ses effets sont bons.

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Si l'on prend un peu de recul vis à vis de l'article, la scène est cocasse : la journaliste du quotidien new-yorkais, Jessica Bennett, écrit sur un autre journaliste alors en train de prendre des notes sur de l'herbe qu'il fume :

Il expire, attend, et retourne à son ordinateur. "Je suis défoncé. Pas d'effet sur le corps" écrit-il.

"Mec, t'as le meilleur job au monde"

Jake Browne n'est pas journaliste à temps plein. Il est aussi producteur et a créé une entreprise avec l'aide de sa fiancée. Mais les réactions de son entourage, vu son travail atypique, n'ont pas tardé :

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Les choses que les gens me disent c'est soit : "Mec, t'as le meilleur job au monde", soit, pour ceux qui n'habitent pas l'État du Colorado : "Dis, tu peux m'envoyer de l'herbe ?".

 Son quotidien, lorsqu'il travaille pour le Denver Post, se résume à aller choisir un type de marijuana dans un dispensaire de la capitale du Colorado.

Depuis qu'il a été embauché par le journal local, qui compte aujourd'hui deux critiques cannabiques, Jake Browne a rédigé 27 critiques sur différentes marijuana. On retrouve des noms d'herbe comme "Jack Flash", "Red Headed Stranger" ou "Kush". Chacune a sa particularité lorsqu'on le lit. La première a "traversé son ordinateur", la deuxième était "envahissante", la troisième "forte".

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Pas d'angélisme avec ce job pour le moins particulier : ce n'est pas avec ses critiques que Jake Browne réussira – en tout cas pour le moment – à gagner sa vie. Jusque-là, le Post de Denver ne lui a pas remboursé ses achats en herbe.

Quoi qu'il en soit, le journaliste est fier de ce qu'il fait :

J'aime fumer, et je crois que c'est un sujet amusant. Quelqu'un devait bien le couvrir. Alors pourquoi pas moi ?

Au Colorado : on fait le bilan ?

Le 1er janvier 2014, le Colorado est le premier État des États-Unis a légaliser la vente de cannabis récréatif : la vente est limitée à l’achat de 28 grammes par personne. À la moitié de l'année 2014, on comptait déjà environ 300 coffee shop dans l'État.

Une infographie réalisée par Infographic World a résumé les retombées à la fois en termes de criminalité et de revenues dans ces deux États. Et si ces chiffres restent à prendre avec des pincettes car le recul ne semble pas suffisant, il est intéressant de jeter un coup d’oeil aux premières conclusions.

Selon les chiffres, dans le Colorado, 19 millions de dollars sont issus de la vente de cannabis récréatif. Un chiffre assez conséquent, surtout qu’il rend compte d’un seul mois. Ainsi, sur toute l’année 2014, ce ne sont pas moins de 134 millions de dollars qui devraient être récoltés grâce aux taxes dont 40 millions devraient être réinjectés intelligemment dans le secteur de l’éducation pour lancer des campagnes de prévention contre la drogue.

On note aussi une diminution des crimes dans le Colorado : dans la ville de Denver, les crimes violents ont diminué de 10,6%, les homicides ont été divisés par deux et les vols de véhicules motorisés de plus d’un tiers.

Par Louis Lepron, publié le 10/11/2014

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