AccueilÉDITO

#NotSurprised : lettre ouverte des femmes du monde de l'art contre le harcèlement sexuel

Publié le

par Konbini

Extrait du film Big Eyes. (Image d’illustration. © Studio Canal)

Extrait du film Big Eyes. (Image d'illustration. © Studio Canal)

Nous ne serons plus silencieu·x·s·e·s

Nous dénoncerons celles et ceux qui persisteront à nous exploiter, à nous faire taire ou à nous discréditer. Vos actions ne seront plus jamais ces secrets que nous chuchotons entre nous par peur de la réprimande, de l’isolement ou de la mise au ban professionnelle. Dès lors que nous serons témoins d’abus de pouvoir, nous nous engageons désormais à parler, à exiger que les institutions et leurs dirigeant·e·s nous prennent au sérieux, et à exposer ces incidents au grand jour quel que soit le sexe de leurs auteurs.

Nous n’ignorerons plus les remarques condescendantes, les mains baladeuses, ni les menaces et les intimidations subtilement déguisées en flirt, ni le mutisme de nos ambitieu·x·se·s collègues. Nous ne tolérerons plus d’être couvert·e·s de honte ou peu pris·e·s au sérieux, ni d’être montré·e·s du doigt lorsque nous oserons enfin prendre la parole. Nous ne rejoindrons pas les "groupes de travail" formés pour résoudre un conflit perpétré contre nous. Ainsi, nous proposons une définition du harcèlement sexuel à l’usage de celles et ceux qui se sentiraient impuissants, à laquelle se référer pour mieux construire un environnement de travail sûr et confortable pour toutes et tous.

Nous, signataires – celles qui ont été abusées et celles qui en sont solidaires –, appelons les institutions artistiques, les instances gouvernementales culturelles ainsi que tous nos collègues à s’interroger sérieusement sur la manière dont ils ou elles ont joué, ou ont pu jouer, un rôle dans la perpétuation des inégalités entre les sexes et des abus précités, et surtout, à la façon dont ils ou elles comptent gérer ces problèmes dans le futur.

Nous sommes trop nombreu·x·s·e·s, désormais, pour être ignoré·e·s et réduit·e·s au silence. Avec tout ce que nous avons subi et dont nous avons été les témoins, cette lettre ne devrait pas vous surprendre.

#NOTSURPRISED @notsurprised2017

Pour la traduction de cette lettre de l’anglais, qui est une langue aux terminaisons en majorité non genrées, il a été décidé d’utiliser le genre féminin pluriel pour parler d’un groupe inclusif de personnes plutôt que le traditionnel masculin pluriel, en combinaison à l’écriture inclusive, dans le but de tenter de restituer au mieux le ton de la missive originale.

Pour voir qui sont les signataires, c’est ici.

À voir aussi sur konbini :