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Comment rendre ses recherches Internet plus écolos

Publié le

par Clotilde Alfsen

De nouvelles extensions ou moteurs de recherche voient le jour pour rediriger nos requêtes vers des initiatives plus écologiques ou éthiques. Mais quel est leur impact réel ? 

© Gaumont Buena Vista International

Utiliser Internet n'est pas très écolo. D'abord parce qu'il faut produire l'ordinateur et l'écran sur lequel on navigue, ce qui nécessite 1,8 tonne de ressources (240 kilos d’énergie fossile, 22 kilos de produits chimiques, 1 500 litres d’eau). Mais aussi parce que la quantité d'énergie que les serveurs consomment est énorme : 2 % de l'énergie mondiale d'après Greenpeace. Du coup, certaines initiatives cherchent à réduire notre impact sur l'environnement ou  les inégalités en réorientant simplement nos recherches.

Les extensions "pop-utiles"

Quand vous cherchez tranquillement à vous acheter de nouvelles chaussures, l'extension DoneGood est là (si vous naviguez avec Chrome) pour vous rediriger vers des alternatives écolos ou  éthiques et vous évite d'acheter une nouvelle paire Zara ou H&M.

Parce que le problème principal pour les sites Internet ou magasins éthiques est d'atteindre le consommateur. Dirigés par l'algorithme de Google, nous sommes incités à acheter les produits des marques les plus connues, qui arrivent en premier dans les liens Google. Alors que des extensions comme DoneGood vous redirigent vers une petite boîte exclusivement gérée par des femmes, ou vers une marque de vêtements qui fabrique sa production dans une petite usine du Nord de la France.

Capture d'écran DoneGood.

Dans le même genre, il y a aussi Le Même en mieux. Cette extension vous propose un covoit' plutôt qu'un billet de train SNCF, un petit libraire plutôt que le géant Amazon. Ces extensions se qualifient de "pop-utiles".

Au départ, Le Même en mieux était centré sur le transport (en partenariat avec BlaBlaCar), mais l'extension est maintenant passée aux livres et souhaite s'étendre aux sites de fringues.

Petit rappel : en installant une extension, vous lui donnez accès à vos informations. Il vaut donc mieux lui faire confiance. Le Même en mieux garantit de son côté que les données des utilisateurs resteront anonymes et protégées.

Vos recherches ont-elles du pouvoir ?

Ecogine, Ecosia, EkOolos, Etikoo et aujourd'hui Lilo. Autant de moteurs de recherche dits éthiques qui se sont développés ces dernières années. On n'en entend pas tellement parler parce qu'il n'y a aucun bénéfice direct pour l'utilisateur. L'intérêt est pour l'environnement, pour les petites entreprises qui essaient d'intégrer plus de justice et d'équité dans le monde du travail ou carrément pour des projets humanitaires.

Le dernier en date, c'est Lilo, un moteur de recherche qui finance des projets sociaux et environnementaux. Une recherche, c'est une "goutte d'eau" pour changer les choses.

Capture d'écran du site Lilo.

Mais en fait, comme le souligne Le Blog des eco-Sapiens, ce ne sont pas des moteurs de recherche mais des métamoteurs. Et c'est là où il y a un hic. Les "vrais" moteurs restent Google, Yahoo ou Bing. En utilisant ces métamoteurs vous tomberez donc  exactement sur les mêmes résultats qu'avec Google.

Comme sur Google, il y a des "liens naturels" et des "liens commerciaux". Quand on clique sur les liens naturels, personne ne gagne des sous, et quand on clique sur les liens commerciaux, Google gagne de l'argent. Les sites de ventes en ligne comme Amazon ou la Fnac paient Google pour figurer dans ces liens commerciaux.

Avec Lilo, quand on clique sur un lien commercial, Google lui reverse gracieusement quelques centimes qui seront ensuite réinvestis dans des projets sociaux. Avec Ecosia, les revenus publicitaires servent à planter des arbres. Ainsi, 4 millions d'arbres ont été replantés depuis la création du site en 2009, indique Archimag.

Le problème majeur c'est que tous ces sites continuent de dépendre de la publicité. Et la publicité incite à la consommation, voire la surconsommation, ce qui n'a jamais aidé à préserver l'environnement.

Ces nouveautés numériques représentent-elles des investissements marginaux dépendant du système en place ? Sont-elles donc privées de toute force de création ? En tout cas, elles ne menacent pas Google, roi indétrônable (pour l'instant) des moteurs de recherche et de l'affichage publicitaire en ligne.

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