Non, les agresseurs de Cologne n’étaient pas majoritairement des réfugiés

Contrairement à ce que beaucoup affirmaient, les réfugiés n'étaient pas nombreux parmi les agresseurs de Cologne. En réalité, ils étaient seulement trois. 

cologne

Devant la gare de Cologne le 31 décembre 2015. (Capture d'écran)

Suite à la vague d’agressions sexuelles à Cologne, le soir du réveillon, les réfugiés avaient été montrés du doigt. Contrairement à ce qui avait été affirmé, ces derniers ne représentaient pas la majorité des criminels : seuls trois d'entre eux étaient des réfugiés.

Publicité

Le 31 décembre dernier, plus de 1 000 agressions sexuelles, vols et viols avaient été enregistrés. Beaucoup en avaient profité pour critiquer la chancelière Angela Merkel et sa politique soi-disant laxiste concernant les demandeurs d’asile.

Parmi les 58 agresseurs arrêtés cette nuit-là, seulement trois d’entre eux étaient arrivés récemment dans le pays et avaient un statut de réfugié. Deux étaient originaires de Syrie et un d’Irak.

Selon le procureur de Cologne, Ulrich Bremer, les autres suspects étaient majoritairement originaires d’Algérie, de Tunisie et du Maroc, et trois d’entre eux résidaient en Allemagne.

Publicité

Cette stigmatisation des réfugiés – certains médias n’hésitaient pas à dire que les agresseurs étaient "tous étrangers" – trahit la méfiance envers les immigrés latente en Europe.

Ceux qui pensent que les réfugiés sont plus enclins à agresser les femmes que les autres devraient réviser leur argumentation. Pas plus tard que la semaine dernière, une journaliste belge, Esmeralda Labye, a été agressée en plein direct à la télévision. Et ses agresseurs n’étaient pas des réfugiés ou des demandeurs d’asile : ils étaient caucasiens, chrétiens et allemands.

Bien sûr, nous souhaitons tous que les femmes (et les hommes, au passage) se sentent en sécurité dans les rues ou dans le train. Mais il ne faut pas mettre toutes les agressions sexuelles sur le dos des réfugiés. Alors que les Britanniques s'apprêtent à voter pour ou contre le brexit (surnom donné à une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne), ce genre d'argument fallacieux risque de circuler. Mais non, quitter l'Europe ne va pas faire chuter le nombre d'agressions sexuelles. C'est un problème qui doit être réglé indépendamment de la crise des réfugiés.

Publicité

Traduit de l’anglais par Hélaine Lefrançois

Par Lydia Morrish, publié le 15/02/2016

Pour vous :