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On connaît les noms des sept candidats de la primaire de la gauche

Publié le

par Théo Mercadier

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La Haute Autorité des primaires citoyennes, en charge de l'organisation de la primaire de la gauche, a validé les candidatures de sept prétendants. Portraits.

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Ils étaient une flopée, ils ne sont plus que sept. La Haute Autorité des primaires citoyennes (HAPC) a officialisé le nom des sept prétendants retenus pour la primaire de la gauche ce samedi 17 décembre via Twitter : Manuel Valls, Vincent Peillon, Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, François de Rugy (écolo) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate) sont les seuls à avoir réussi à réunir le nombre de parrainages de députés nécessaires.

À l'inverse, deux ont vu leur dossier recalés par la HAPC : Fabien Verdier et Gérard Filoche. Ce dernier a déposé un recours dans l'ultime espoir de participer à la primaire du 22 et 29 janvier prochain, mais celui-ci a peu de chances d'aboutir.

Thomas Claye, président de l'HAPC, a effectivement appelé les deux disqualifiés à ne pas chercher à perturber le déroulé de la primaire : "Nous appelons ceux qui ne figurent pas sur cette liste, à respecter la décision de la Haute Autorité, comme l'ont fait certains candidats de la primaire de droite". Ce qui n'a pas empêché Gérard Filoche de lui envoyer son avocat. Affaire à suivre.

Thomas Claye a également encouragé sobrement les sept participants officiels : "La Haute Autorité souhaite bonne chance à tous". Happy Hunger Games ! On revient avec vous sur les profils et sensibilités de chacun.

Manuel Valls

(© Facebook)

Grand favori de cette primaire, l'ex-Premier ministre n'a toutefois pas la tâche facile. L'attitude résolument autoritaire adoptée au cours de son mandat et son discours droitier lui ont attiré l'inimitié d'une partie de la gauche française, qui croit peu à ses récents messages d'apaisement.

Ex-ministre de l'Intérieur, ex-Premier ministre

Il tente aujourd'hui coûte que coûte de se démarquer du bilan du quinquennat de François Hollande quitte à adopter les contorsions idéologiques les plus flagrantes, à l'image de sa proposition de supprimer un article 49-3 qu'il a lui-même utilisé 6 fois lorsqu'il était à Matignon. Manuel Valls tente donc aujourd'hui de se poser en figure rassembleuse d'une gauche française particulièrement désunie.

Arnaud Montebourg

(© Facebook)

Le "chevalier blanc de la gauche" quitte le gouvernement en 2014 sur fond de profonds désaccords idéologiques : alors que François Hollande vient d'accorder 40 milliards de crédit d'impôts aux entreprises, Arnaud Montebourg critique une politique de l'offre néolibérale peu en phase avec les idéaux historiques de la gauche. Une situation intenable qui le pousse à démissionner.

Ex-ministre de l'Économie et du Redressement productif 

Il se pose aujourd'hui comme l'incarnation des valeurs de la gauche et prône un renouvellement de l'industrie française à travers le développement du made in France, un combat qu'il mène depuis son arrivée au gouvernement. L'ancien avocat est également connu pour son verbe haut et ses sorties chocs : c'est par exemple lui qui a appelé les sympathisants de gauche à voter massivement à la primaire de la droite et du centre.

Benoît Hamon

(© Facebook)

"L'important, c'est le social". Regardez n'importe quelle interview de Benoît Hamon et vous entendrez cette phrase une petite dizaine de fois. Ministre de l'Économie sociale et solidaire puis éphémère ministre de l'Éducation nationale, il incarne une ligne de gauche claire.

Ex-ministre de l'Économie sociale et solidaire, ex-ministre de l'Éducation nationale

Il démissionne de son ministère en 2014 et devient l'une des grandes figures des "frondeurs", ce groupe de députés qui refuse la politique du gouvernement. Accueil des réfugiés, modèle social français, énergies renouvelables, discours accessible : Benoît Hamon tente de se poser en François Fillon de la gauche en créant la surprise et en perturbant le duel annoncé entre Valls et Montebourg. Des ambitions confirmées par plusieurs séquences médiatiques réussies.

Vincent Peillon

(© Facebook)

Député européen pour le Parti Socialiste, Vincent Peillon est complètement sorti des radars médiatiques depuis qu'il a quitté le gouvernement, en mars 2014. L'ex-ministre tente aujourd'hui une reconversion dans l'écriture, à travers la rédaction de polars et de thriller sur son temps libre.

Ex-ministre de l'Éducation nationale (2012-2014)

Après avoir dit qu'il "ne briguerait pas de nouveau mandat électif", il espère aujourd'hui proposer une voie centriste, entre Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, très à gauche, et un Manuel Valls de l'autre côté de l'échiquier. Un projet que son déficit médiatique et son retard dans les sondages vont rendre difficilement réalisable.

Sylvia Pinel

(© Twitter)

Présidente du Parti radical de gauche (PRG), Sylvia Pinel incarne la ligne réformatrice de la gauche française, à l'instar de Manuel Valls et François Hollande, qu'elle n'a jamais critiqués ouvertement et dont elle défend le bilan.

Ex-ministre du Logement, ex-ministre du Commerce

Sa participation à la primaire et, par extension, à l'élection présidentielle, est surtout un occasion pour les radicaux de gauche d'obtenir des armes pour négocier un ralliement au PS aux prochaines législatives, en mai 2017. Seule femme de cette primaire de la gauche, Sylvia Pinel a été un temps ministre d'État au Commerce avant de remplacer Cécile Duflot au ministère du Logement.

François de Rugy

(© Wikipedia Commons)

Vice-président de l'Assemblée nationale, il est l'un des deux seuls écologistes à participer à cette primaire. François de Rugy a quitté Europe Écologie-Les Verts (EELV) en 2015 pour fonder son propre parti, sobrement nommé "Les écologistes", puis rebaptisé "Écologistes !".

Président du parti Écologistes !

Il a toujours défendu l'importance d'avoir un candidat écolo dans cette primaire, fustigeant ses anciens collègues d'EELV pour leur refus d'y participer : "Mais pour quoi faire ? Pour faire 1 % à l’élection présidentielle ensuite ? Ça ne sert à rien d’autre qu’à affaiblir l’écologie !" François de Rugy défend ainsi la nécessité d'une alliance de fond et de principe entre la gauche et les écologistes. Comme acte politique notoire, on peut noter son opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Jean-Luc Bennahmias

(© Wikipedia commons)

Président du Front démocrate

Après être passé par les verts et le MoDem et avoir soutenu François Hollande, il participe à la primaire sous les couleurs de l'Union des démocrates et écologistes (UDE). Il souhaite mettre en place une majorité progressiste et écologique au spectre politique très large, allant "de Mélenchon (...) à NKM". Dans son programme, on trouve des idées chères à la gauche progressiste, comme la légalisation du cannabis ou la mise en place d'un revenu universel de 800 euros.

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