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La nomophobie, cette peur de se retrouver sans téléphone portable

Publié le

par Fanny Hubert

Être séparé de son téléphone portable peut avoir des conséquences négatives. C'est ce qu'affirme une étude mettant en lumière cette peur appelée la nomophobie. 

Dans le film <em>Saw</em>, être séparé de son téléphone portable peut s'avérer problématique...

Oublier son téléphone portable est la hantise de beaucoup de personnes. Nous sommes tellement habitués à avoir ce petit objet en permanence avec nous que l'idée même d'en être séparé nous fait trembler. Ce phénomène s'appelle la nomophobie, contraction de l'expression "No mobile phobia".

Robert Clayton, doctorant à l'université de journalisme du Missouri, a décidé d'étudier cette peur pas comme les autres, comme le rapporte Le Monde. Dans une étude publiée le 8 janvier et intitulée "The Impact of iPhone Separation on Cognition, Emotion and Physiology"  ("L'impact de la séparation d'avec son iPhone sur la cognition, l'émotion et la physiologie"), Clayton montre que la nomophobie a des réelles conséquences.

Une augmentation de l'anxiété

Comme l'explique Science Daily, les résultats de l'étude se basent sur un test réalisé par 208 étudiants qui pensaient simplement devoir essayer un nouveau tensiomètre. L'épreuve se déroulait en deux parties. Pour la première, les élèves ont gardé leur téléphone pendant qu'ils effectuaient un puzzle de mots. Ensuite, les chercheurs ont prétexté que le Bluetooth des portables causait des interférences et ont demandé aux étudiants de s'en séparer pour la deuxième partie du test.

Les résultats sont assez significatifs. Dès lors qu'ils ont été privés de téléphone, les élèves ont vu leur rythme cardiaque s'accélérer et leur pression artérielle ainsi que leur anxiété augmenter. Leur performance a elle aussi diminué puisqu'ils ont trouvé moins de mots durant la deuxième partie de l'épreuve alors qu'ils avaient complété sans difficulté le premier puzzle. Une participante s'est même levée pour répondre à son iPhone durant l'expérience.

L'iSelf est le nouveau "moi"

Cette étude est l'occasion pour Clayton de montrer que le téléphone fait aujourd'hui tellement partie de nos vies qu'il est devenu "une extension de nous-mêmes". Autrement dit, nous avons un "iSelf", "un soi connecté". Quand on oublie ou perd notre portable, nos repères sont changés et nos performances mentales sont touchées :

Les résultats de notre étude montrent que les téléphones portables peuvent devenir une extension de nous-mêmes telle que lorsque l'on est séparé de l'objet, on ressent une diminution de notre "moi" et un état physiologique négatif.

La nomophobie est également associée à la FOMO (Fear of Missing out). Cette expression désigne l'angoisse d'être déconnecté et de manquer les événements, les conversations qui ont lieu sur les réseaux sociaux par exemple et qui sont l'occasion d'interagir socialement. Et quand on sait selon l'étude que les jeunes âgés de 18 à 24 ans envoient en moyenne 109 textos par jour et plus de 3200 par mois, cette obsession de la connexion permanente ne semble pas vraiment prête de s'arrêter.

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