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À Nice, l'app du gouvernement "alerte attentat" s'est réveillée bien tard

Publié le

par Arthur Cios

L'application gouvernementale SAIP, le "Système d'alerte et d'information des populations", a indiqué l'attentat de Nice près de trois heures après le drame. Et c'est problématique.

Le 8 juin dernier, soit deux jours avant l'ouverture de l'Euro 2016, le gouvernement lançait le SAIP, une application de "Système d'alerte et d'information des populations" ayant pour principal objectif de prévenir "dans un délai de 15 minutes" les personnes habitant près d'une catastrophe en cours. Il peut s'agir d'un risque nucléaire, du déversement de produits dangereux, d'une rupture d'ouvrage hydraulique ou d'un attentat.

Or, le mois dernier, lors de l'attaque terroriste de Magnanville (Yvelines) où deux policiers ont été tués, le SAIP n'avait rien indiqué à la population locale. Cette fois, à Nice, l'application a bien indiqué l'attentat, mais aux alentours d'une heure trente du matin, soit près de trois heures après qu'un homme a chargé la foule avec un semi-remorque.

Une source gouvernementale a indiqué à Libération que le protocole d'alerte avait été lancé à 23 heures. Il aurait été bloqué plusieurs heures au niveau du développeur de l'application, Deveryware, avant que l'information ne soit retransmise sur l'appli.

Facebook plus efficace

Cette latence a rendu l'application inutile, alors que des centaines de personnes auraient pu profiter des conseils diffusés. En effet, lorsqu'une alerte est émise des conseils sur les comportements à adopter sont rappelés, en fonction de la nature de l'événement.

L'application aurait pu être d'autant plus utile que les réseaux téléphoniques étaient visiblement saturés, et qu'il fallait utiliser des outils en ligne pour donner des nouvelles ou en prendre. Contacté par nos soins, le ministère de l'Intérieur n'a pas encore répondu à nos questions.

En revanche, le service Safety Check de Facebook a lui été mis en place assez rapidement, environ une heure et 30 minutes après l'attaque. À tel point qu'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du Numérique, a conseillé sur Twitter dans la nuit du 14 au 15 juillet d'utiliser cet outil — ce qui lui a valu un certain nombre de railleries en réponse.

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