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La Nasa modifie sa base de données pour la rendre plus accessible

Publié le

par Thibault Prévost

Avec la nouvelle plateforme PubSpace, l'agence spatiale américaine propose un moteur de recherche pour parcourir facilement son incroyable base de données.

© Mike Hopkins/Nasa/CC

L'agence spatiale américaine est une véritable mine de savoir pour les passionnés de l'espace, avec des centaines d'études en tout genre publiées au fil des décennies. Le souci, c'est que ces études sont la plupart du temps inaccessibles à Monsieur Tout-le-Monde, confinées dans d'onéreuses revues spécialisées ou d'obscures plateformes en ligne destinées aux spécialistes.

En lançant PubSpace, l'agence américaine se dote enfin d'un moteur de recherche pensé pour le commun des mortels, qui permet d'accéder gratuitement au savoir emmagasiné par l'un des organismes scientifiques les plus puissants au monde. Bienvenue dans le Google de la recherche spatiale.

Comme le détaille Numerama, la base de données couvre actuellement plus de 900 articles financés par l'agence, avec des études sur les tsunamis martiens, sur la meilleure façon de se maintenir en forme en apesanteur ou encore les risques cardiovasculaires liés au voyage spatial. PubSpace a été créé en réponse à une volonté de la Maison-Blanche, exprimée en 2013, d'améliorer l'accès public à la recherche fédérale. Evidemment, les recherches les plus "sensibles" de l'organisation font figure d'exception — non, vous ne trouverez rien sur les extraterrestres.

L'accès libre, le nouveau modèle de publication ?

L'initiative, dont se félicite l'agence dans son communiqué, s'inscrit dans une tendance globale du secteur de la recherche à utiliser Internet et l'open access pour s'émanciper des circuits de publications académiques traditionnels, qui ont tendance à disséminer les trouvailles scientifiques et les cantonner à certains cercles restreints. On ne compte plus aujourd'hui les organismes ayant ouvert leurs publications, tandis que les plateformes de consultation gratuites fleurissent et se démocratisent : GitHub, arXiv, OpenScience, le CERN, maintenant la Nasa...

Le 28 mai, l'UE a même voté un décret obligeant tous les organismes de recherche publics et publics-privés à rendre accessibles leurs résultats d'ici à 2020. Mais si le principe d'open data scientifique peut sembler incontournable au premier abord, le débat divise encore férocement la communauté scientifique, notamment quant à la rigueur des protocoles de révision des études soumises sur ces plateformes, qui pourraient vite être saturées de soumissions. Avec la base de données de la Nasa, au moins, on peut être tranquille à ce sujet : on ne risque pas d'avoir affaire à de la pseudoscience.

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