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"Mourir de chaud" pourrait devenir une réalité pour 30 % de la population mondiale

Publié le

par Jeanne Pouget

NEW DELHI, INDIA – JUNE 5: People drinking water during hot afternoon, on June 5, 2016 in New Delhi, India. Delhiites continued to reel under severe heat wave conditions as the mercury settled at 42.6 degrees Celsius while humidity levels too shot up making it tough for people. (Photo by Virendra Singh Gosain/Hindustan Times via Getty Images)

Une étude publiée lundi 19 juin sur le site Nature Climate Change conclut que mourir de chaud est un danger qui guette aujourd’hui près d’un individu sur trois dans le monde.

Si "mourir de chaud" n’était jusqu’à présent qu’une simple expression, elle est devenue une réalité avec l’accélération du réchauffement climatique. Une équipe de chercheurs de l’université d’Hawaï, à Manoa, a examiné la littérature scientifique pour repérer les cas de mortalité associés à 783 épisodes de chaleur qui se sont tenus à travers le globe entre 1980 et 2014. Ils ont croisé ces données avec différents paramètres météorologiques enregistrés lors de ces épisodes de canicule : la température de l’air, le taux d’humidité, la vitesse du vent…

Ils en ont déduit que le couple température-humidité était le facteur déterminant pour rendre une vague de chaleur "potentiellement mortelle" en altérant la capacité de thermorégulation de l’organisme humain. En calculant le seuil sous lequel nous étions susceptibles de mourir d’hyperthermie, ils en ont conclu qu’environ 13 % de la surface continentale de la planète était concernée, une surface qui abrite 30 % de la population mondiale.

Un jour en Inde, à New Delhi, où il fait 42,6 degrés. (© Virendra Singh Gosain/Hindustan Times via Getty Images)

Potentiellement trois quarts de l’humanité concernée

Qu’en sera-t-il demain ? Pour les auteurs, si nous ne parvenons pas à limiter nos émissions de gaz à effet de serre, ce sont trois quarts des habitants de la planète qui seraient exposés à des vagues de chaleur potentiellement mortelles en 2100. Dans le scénario le plus pessimiste, c’est-à-dire si nous ne parvenons pas à maîtriser le réchauffement climatique, le réchauffement moyen à l’échelle du globe serait de +3,7 degrés en 2100, et 47 % du territoire et 74 % des individus seraient mis en péril. Dans un meilleur cas de figure, en supposant que nous limitions nos émissions à +1 degré, comme le recommandent les experts, cette zone concernerait 27 % de la surface du globe et 48 % de la population à la fin de ce siècle. Le phénomène est donc inéluctable et il s’agit désormais de le minimiser.

À noter évidemment que toutes les régions ne sont pas concernées dans les mêmes proportions : "Les régions tropicales sont exposées toute l’année à des températures et une humidité élevées, alors que pour les latitudes plus au nord, le risque d’un épisode de chaleur potentiellement mortel se limite à l’été", précisent les chercheurs cités par Sciences et Avenir. On n’est en effet pas concerné de la même façon en Norvège qu’en Guyane. D’autre part, des zones d’incertitudes demeurent quant à l’évolution démographique, l’urbanisation ou l’adoption de politiques pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais les chercheurs espèrent que leurs travaux permettront de voir émerger une prise de conscience qui jouera, à terme, en faveur d’un évitement du scénario du pire.

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