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Avec un million de bouteilles en plastique consommées par minute, une nouvelle crise environnementale se profile

Publié le

par Jeanne Pouget

GOPALGANJ, BANGLADESH – NOVEMBER 16: A Bangladeshi boy carries plastic bottles for recycle at Gopalganj, out side of Dhaka, Bangladesh. Bangladesh could emerge as a global player in the plastics industry by hiking its annual turnover to US$ 4 billion by 2020, according to a study conducted by the United Nations’ Economic and Social Commission for Asia and the Pacific (ESCAP). (Photo by Sk Hasan Ali/Corbis via Getty Images)

Avec un million de bouteilles en plastique consommées chaque minute dans le monde, plusieurs observateurs prédisent l’avènement d’une nouvelle crise environnementale aussi sérieuse que celle du réchauffement climatique.

On le répète une troisième fois en trois lignes : nous consommons dans le monde un million de bouteilles en plastique chaque minute. Cela vous choque ? Sachez que ce nombre devrait augmenter de 20 % d’ici 2021 pour atteindre une consommation globale annuelle de 500 milliards de bouteilles à l’échelle de la planète. Loin d’être triées et recyclées, moins de la moitié des bouteilles achetées en 2016 ont été collectées et seulement 7 % réutilisées pour fabriquer de nouvelles bouteilles rapporte le Guardian. Le reste finit dans la nature et les océans, laissant présager un scénario de crise environnementale due au plastique aussi préoccupante que celle du réchauffement climatique.

Pour preuve, une précédente étude tirait la sonnette d’alarme sur le fait que d’ici 2050, il y aurait plus de plastique dans les océans que de poissons. Et ce, alors que d’autres équipes alertaient sur la présence de milliers de microparticules de plastique toxiques dans notre chaîne alimentaire ou constataient que le plastique envahissait désormais les lieux les plus reculés de la planète. Bref, le plastique est partout, et se retrouve ingurgité en millions de tonnes par les oiseaux, poissons et mammifères marins, quand ils ne polluent tout simplement pas les cours d’eau.

La culture urbaine de la consommation à emporter

Un véritable fléau de plus en plus difficile à enrayer et qui pourrait déboucher sur une crise environnementale d’un nouveau genre :

"La crise de la pollution due au plastique équivaut à la menace du réchauffement climatique dans la mesure où elle pollue tous les écosystèmes et un nombre grandissant d’organismes de notre planète", affirme ainsi Hugo Tagholm, de l’organisation britannique de protection de la vie marine Surfers Against Sewage, interviewé par le Guardian.

Il explique ainsi qu’avec une production mondiale qui devrait doubler d’ici 2020 et quadrupler d’ici 2050, le monde ne peut pas faire face à une telle quantité de plastique, dont les composants sont pourtant recyclables : "Alors que la production de plastique jeté a augmenté de façon dramatique ces deux dernières décennies, le système censé le contrôler, le réutiliser et le recycler ne suit pas", déplore Hugo Tagholm, rappelant la cadence infernale de 20 000 bouteilles achetées chaque seconde.

En cause : le désir insatiable de bouteilles d’eau venu des pays occidentaux, qui s’est répandu comme une traînée de poudre dans la région Asie-Pacifique, notamment en Chine. Et ce, à travers la culture urbaine de la consommation à emporter. Mais aussi le manque d’efforts affiché des principales multinationales productrices de bouteilles. Greenpeace rappelle que les six géants mondiaux du secteur réunis n’utilisent que 6,6 % de polytéréphtalate d’éthylène (PET) recyclé, un plastique issu du pétrole raffiné. À noter qu’il faut 1,9 kilo de pétrole brut pour fabriquer 1 kilo de PET, substance par ailleurs accusée d’agir comme perturbateur endocrinien.

Pas besoin d’imaginer un scénario de science-fiction pour comprendre la dangerosité de notre consommation irraisonnée de plastique, et les conséquences environnementales et sanitaires de grande ampleur qui en découlent. Il serait ainsi préférable de tout bonnement changer de paradigme en sortant une bonne fois pour toutes de l’ère du plastique, ce qui viendra peut-être avec celle de la fin du pétrole.

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