Les députés valident les mesures anti-gaspillage alimentaire

Victoire pour les collectifs anti-gaspillage. Hier, l'Assemblée nationale a voté en faveur de l'interdiction des invendus alimentaires de la grande distribution, et ce n'est pas tout.

Le gaspillage alimentaire, un enjeu enjeu économique, humain, mais également écologique : au niveau mondial, la FAO estime que le gaspillage alimentaire est le 3ème émetteur de gaz à effet de serre, après la Chine et les USA (Crédits image : Mr. iMaax)

Le gaspillage alimentaire, un enjeu économique, humain, mais également écologique : au niveau mondial, la FAO estime que le gaspillage alimentaire est le 3ème émetteur de gaz à effet de serre, après la Chine et les USA (Crédits image : Mr. iMaax)

Pas une voix n'a manqué. Jeudi 21 mai, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité trois amendements lors de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi sur la transition énergétique. Parmi eux, une mesure emblématique : l'interdiction à la grande distribution de jeter les invendus alimentaires. Le promoteur de la loi et ancien ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot avait montré sa détermination à rester inflexible sur ce point. "Voir de l'eau de Javel déversée sur les poubelles des grandes surfaces avec des aliments consommables, ça scandalise", s'indignait-il hier.

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Les distributeurs alimentaires sont invités à s'efforcer de prévenir tout gaspillage et à distribuer gratuitement leurs invendus le cas échéant, en direction de l'alimentation animale, à des fins de compost pour l'agriculture, valorisation énergétique... Mais ce n'est pas tout : les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 m² devront obligatoirement signer une convention avec une association caritative afin de mettre en place et faciliter les dons alimentaires.

Aussi, les produits sous marque de distributeur qui seraient retournés au fournisseur, jusqu'ici détruits sans autre forme de procès, seront autorisés au don également. Finalement, la lutte contre le gaspillage alimentaire fera aussi l'objet d'une attention particulière durant le parcours scolaire, à des fins d'éducation à l'alimentation.

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Ces mesures validées, "il restera néanmoins beaucoup à faire", comme l'estimait Guillaume Garot. Les ouvrages de demain concernent la mobilisation des collectivités locales, la formation des professionnels et la sensibilisation des consommateurs. Dès 2012, le gouvernement s'était fixé pour objectif la division par deux du gaspillage alimentaire à l'échéance 2025.

Selon la Commission européenne, la grande distribution ne pèserait que 5% des déchets alimentaires. Pourtant, elle se sent pointée du doigt et a fait valoir les actions déjà mises en place, notamment auprès d'associations d'entraide. Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe du même nom, s'est fait également entendre hier : "C'est bien d'interdire mais il faut organiser la collecte de l'autre côté", plaidait-il pour sa cause. Il préconise par ailleurs un plan d'aide aux associations afin qu'elles s'équipent en réfrigérateurs et en camions pour s'emparer des marchandises données et déléguer l'organisation de la collecte en externe.

Par Théo Chapuis, publié le 22/05/2015

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