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Comment des médias anglo-saxons ont censuré Modigliani

Publié le

par Théo Chapuis

Non, non et non, on ne montre pas de parties sexuelles sur CNBC, Bloomberg ou dans les pages du Financial Times. Et peu importe qu'il s'agisse d'une toile de Modigliani peinte voilà cent ans.

OH MON DIEU DES NICHONS (Capture d'écran Bloomberg)

Une chatte reste une chatte, même peinte sur une toile. Près de cent ans après avoir fait scandale lors de son premier accrochage, une peinture de Modigliani embarrasse encore. À l'occasion de la vente retentissante du Nu Couché de Modigliani la semaine dernière (lors de laquelle de nombreux records de gros sous ont été battus), les deux chaînes de télévision américaines CNBC et Bloomberg TV ont paniqué devant la représentation d'une femme dans son plus simple appareil, vendu plus de 170 millions de dollars (158 millions d'euros).

Nu Couché devenait alors la deuxième toile la plus chère jamais vendue aux enchères, après Les femmes d'Alger (Version O) de ce bon vieux Picasso, adjugée en mai dernier pour 179,4 millions de dollars (167 millions d'euros), chez Christie's à New York.

Mais tout record qu'il soit, faut-il montrer cette toile au public ? Oui. Comment ? En floutant les parties à scandale. Comme Slate l'a repéré, à chacun de fixer son seuil de pudibonderie. On s'offusque du sexe et des tétons chez les deux antennes américaines et on cache ces parties d'un "habile" camouflage couleur chair. Osé.

Le Financial Times britannique, lui, ne s'est pas encombré d'un floutage et a décidé de simplement faire appel à une bonne vieille technique qui a fait ses preuves : le bandeau noir.

On se rappelle avec tout autant de tristesse le floutage malheureux des seins de la toile Les Femmes d'Alger (Version O) en mai dernier par Fox News – d'un style artistique pourtant assez lointain du réalisme. Heureusement que ces médias sont là pour protéger notre société des attentats picturaux de ces DANGEREUX PORNOGRAPHES.

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