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Massroots, le "Facebook du cannabis", veut faire son entrée à Wall Street

Publié le

par Juliette Geenens

Le réseau social américain, développé autour du cannabis, a déposé, mardi 11 avril, un dossier pour tenter de s'ouvrir les portes de la Bourse.

Massroots, réseau social de la weed, sera-t-elle la première entreprise du genre à faire son entrée en Bourse ? (© Massroots.com )

On la surnomme "le réseau social de la weed" ou le "Facebook du cannabis". Massroots, plateforme sociale conçue pour les consommateurs de marijuana a déposé, mardi 12 avril, un dossier auprès du gendarme des marchés, le SEC (Securities and Exchange Commission), pour être cotée en Bourse. Si sa requête est acceptée, la start-up créée en 2013 pourrait intégrer le Nasdaq, un des plus grands marchés d'actions électronique du monde. L'objectif de Massroots, selon Les Échos, est de lever à terme, 6,5 millions de dollars.

À l'heure où le débat de la légalisation du cannabis refait surface en France, on peut se demander qui sont les dirigeants de Massroots, et surtout comment cette entreprise intimement liée à la consommation de la marijuana est parvenue à tenter sa chance à Wall Street. Le réseau social, qui se qualifie "d'entreprise technologique", n'existe que depuis trois ans mais connaît une popularité croissante aux États-Unis.

Massroots est un réseau social entièrement dédié au cannabis et pensé pour les consommateurs. (© Massroots)

Son principe est le même que pour n'importe quel réseau social : partage de photos, de liens et récits d'expérience autour de la weed, échange de conseils sur les distributeurs et les habitudes de consommation... D'après Libération, l'entreprise insiste néanmoins sur le fait qu'elle ne donne ni dans le commerce ni dans la production de cannabis.

Une entrée en Bourse risquée ?

Son service est entièrement gratuit, et son système économique est basé sur la publicité, mise en place en 2015. En trois ans, Massroots a réuni 775 000 utilisateurs à travers 23 États américains. Selon Les Échos, le chiffre d'affaires de l'entreprise est passé de 9 030 dollars en 2014 (un an après sa création) à 213 936 dollars en 2015, mais ses pertes s'élèvent aujourd'hui à 8,5 millions de dollars. Un chiffre alarmant qui a poussé Massroots à essayer de se faire une place au Nasdaq, ce qui lui permettrait de rembourser sa dette, à condition que les investisseurs se montrent enthousiastes. Car le marché du cannabis aux États-Unis n'est pas sans risques.

La consommation de ganja à des fins récréatives est autorisée, à partir de 21 ans, dans seulement quatre États (Colorado, Washington, Oregon et Alaska). Vingt-trois autres États ont, eux, légalisé son usage thérapeutique. Au niveau fédéral, la drogue douce est toujours hors la loi. Ce statut encore trop instable pour les marchés financiers peut susciter la réticence des actionnaires à investir dans Massroots.

Cependant, un rapport de deux groupes de recherches sur l'industrie du cannabis a montré qu'en 2016, le marché légal de la marijuana a engendré 7,1 milliards de dollars. Et apparemment, ces recettes ne devraient qu'augmenter au fil des ans, jusqu'à atteindre 21,8 milliards de dollars en 2020. Une estimation qui pourrait rassurer le SEC sur l'entrée en Bourse de Massroots, celle-ci affirmant dans son dossier : "La légalisation du cannabis est l’une des plus grandes opportunités d’affaires de notre temps."

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