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Sur Twitter, les internautes se mobilisent contre les massacres de Boko Haram

Publié le

par Anaïs Chatellier

Après les terribles massacres revendiqués par Boko Haram au Nigeria, plusieurs internautes se mobilisent sur les réseaux sociaux.

Pendant que le monde entier se mobilisait après le terrible attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier, le Nigeria connaissait également une semaine sanglante. Entre mercredi 7 et jeudi 8 janvier, 16 villages ont été ravagés au cours d'un raid orchestré par les islamistes de Boko Haram. "Il semble que l’attaque contre Baga et les localités alentour pourrait être la plus meurtrière à ce jour d’une série d’actions de plus en plus haineuses menées par le groupe", a alors déclaré Daniel Eyre, chercheur sur le Nigeria à Amnesty International.

Si le nombre de victimes est encore incertain – le gouvernement du Nigeria parle de 150 contre 2000 selon Amnesty International – les actes revendiqués par Boko Haram, qui signifie "l'Occident est impur" en haoussa, sont un acte de barbarie sans précédent par ce groupe d'extrémistes.

Samedi 10 janvier, une nouveau drame secouait le pays. Au moins 19 personnes ont péri lorsqu'une bombe fixée sur une petite fille a explosé au marché bondé de Maiduguri, grande ville du nord-est du Nigeria. "La fillette avait une dizaine d'années et je doute fort qu'elle savait véritablement ce qui était fixé à son corps", confie Ashiru Mustapha, membre d'un groupe local d'auto-défense, à l'AFP. La violence qu'a connue le Nigeria ces dernières semaines n'a pas tardé à se répandre sur les réseaux sociaux.

Les réactions sur Twitter #JeSuisNigerian

À l'instar du mouvement #BringBackOurGirls, créé après l'enlèvement de 276 adolescentes par les terroristes de Boko Haram, plusieurs hashtags ont émergé sur Twitter pour dénoncer de tels actes et demander un soutien international. Parmi les plus utilisés, #BokoHaramKilled2000People#JeSuisNigerian ou #WeAreNigeria. Références directes au mouvement "Je suis Charlie", ces derniers hashtag appellent clairement les médias et les politiques à se mobiliser contre ces crimes.

Le journaliste Sud-Africain Simon Allison fait partie des personnes qui regrettent que cet événement tragique n'ait pas eu le droit à autant de relais médiatique et de manifestations symboliques, surtout en Afrique. Dans un article du Courrier International intitulé "Massacres de Boko Haram, où sont les Unes chocs ?", il confie alors :

Plus de 2 000 personnes sont mortes, et le monde est resté silencieux. Pis, l’Afrique est restée silencieuse. Donc, oui, nous sommes Charlie, mais nous sommes encore plus Baga. Notre indignation – et notre solidarité – des horreurs de Paris est aussi un symbole de la façon dont nous, Africains, négligeons nos propres tragédies et donnons la priorité aux vies occidentales au détriment de nos propres vies.

Certains n'ont pas hésité à se réapproprier la Une de Charlie Hebdo de ce mercredi 14 janvier ou à réaliser des caricatures sur le sujet. Afin de rendre hommage aux victimes des fanatiques de Boko Haram, un rassemblement devrait être organisée ce dimanche à Paris.

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