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Martin Weill et une équipe du Petit Journal arrêtés au Maroc

Publié le

par Théo Chapuis

Une équipe du Petit Journal, dont le reporter Martin Weill, auraient été arrêtés au Maroc. Ils tournaient sans accréditation un sujet sur une agression homophobe captée dans une vidéo devenue virale début mars.

Martin Weill (à droite), reporter du <em>Petit Journal</em>, a été arrêté parce qu'il enquêtait sur l'agression de deux homosexuels au Maroc. (Capture d'écran)

Au royaume du Maroc, il ne fait pas bon être homo. Début mars, deux hommes de Béni-Mellal, petite ville de l'Est marocain, étaient agressés parce qu'ils ne seraient pas hétérosexuels : coups, insultes, on voit dans une vidéo qui a brièvement fait le tour du Web les hommes ensanglantés et humiliés, par la suite traînés dans la rue par une foule d'agresseurs.

C'est sur cette agression révoltante que des journalistes du Petit Journal de Canal+ comptaient enquêter dimanche 3 avril. Or d'après le site Qushq, l'équipe de l'émission, débarquée le jour-même dans la ville de Béni-Mellal, a été arrêtée par la police marocaine alors qu'elle était en train de tourner dans le quartier où résidaient les deux victimes.

D'après le Huffington Post, qui cite une source de la chaîne, il s'agit de "Martin Weill et son équipe". Dénoncés par "les habitants du quartier qui soutiennent les agresseurs", ils auraient passé une douzaine d'heures au poste.

Pas d'autorisation de filmer

D'après le site marocain Média 24, qui cite "une source marocaine autorisée", l'équipe de télévision n'a pas été expulsée contrairement à ce que relaient certains médias, mais elle a été interrogée avant d'être remise en liberté. Les journalistes de Canal+ ont été interdits de filmer car ils ne possèdent pas d'autorisation nécessaire aux étrangers qui ne sont pas officiellement accrédités au Maroc. Libération souligne que ce genre de document officiel ne s'obtient quasiment jamais, ou alors trop tard. Les journalistes livreront leur version des faits dans Le Petit Journal de ce lundi 4 avril.

C'est ce lundi 4 avril que devait se tenir le procès des deux victimes et de six de leurs agresseurs. La viralité de l'agression de ces deux hommes, qui a conduit à l'indignation de nombreux internautes au Maroc mais aussi ailleurs, permet de relancer le débat de l'homosexualité au Maroc. Plusieurs associations demandent que l'article 489 du Code pénal, qui punit l'homosexualité de trois ans de prison, soit abrogé.

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