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Manuel Valls est candidat à l'élection présidentielle

Publié le

par Théo Mercadier

Le Premier ministre a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Il part aujourd'hui à la conquête d'une gauche divisée.

© Wikipedia Commons

Pour une surprise, c'est une surprise... Manuel Vall a annoncé sa candidature à 18 h 30 à la mairie d'Évry (Essonne), qu'il a dirigée pendant onze ans. Après avoir décrit la personnalité de la ville, ou plutôt la sienne, il assène avec force : "Alors oui, je suis candidat à la présidence de la République". Longue salve d'applaudissements. Cette candidature vient après une semaine de psychodrame à la tête de l'exécutif français. Et Manuel Valls, libéré par le retrait de François Hollande, avait tout l'espace pour présenter sa candidature. C'est chose faite.

Il quittera donc dès demain sa fonction de Premier ministre, estimant qu'elle est inconciliable avec son nouveau statut de candidat : "Je veux, en pleine liberté, proposer aux Français un candidat." Si le nom de son remplaçant n'est pas encore fixé, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, grand fidèle de François Hollande, est cité comme favori.

Le discours de candidature

Dans son discours de candidature, Manuel Valls a largement appelé au rassemblement de la gauche, et à une large participation à la primaire de janvier : "La primaire qui s'ouvre est une formidable moyen de recréer l'unité." Car c'est aujourd'hui l'un des grands défis qui se posent à l'ex-Premier ministre : comment rassembler en quelques mois une gauche que son gouvernement a profondément divisée au cours des cinq dernières années ?

Une large partie de la gauche peine à pardonner au gouvernement des épisodes comme l'affaire Léonarda, la déchéance de nationalité ou l'utilisation du 49.3. "J'ai pu avoir des mots durs, susciter des débats, des incompréhensions : c'est ça la gauche, des débats. Mais j'ai toujours assumé les décisions collectives", s'est défendu Manuel Valls. Un long travail de persuasion sera nécessaire pour ramener derrière lui les franges les plus frondeuses du Parti socialiste (PS), travail qui commence déjà par un certain assouplissement de son discours : économie verte, liberté de pensée et de croire, investissements économiques massifs de l'État, opposition radicale aux points clés du programme de François Fillon. Le candidat Valls s'adoucit sous nos yeux.

Il s'est posé dans la continuité des grands hommes d'État de la "gauche de gouvernement" : Mitterrand, Rocard, Jospin, Hollande… Valls ? À l'entendre, il serait le seul à même de poursuivre le chemin de ce "fil commun", pour amener la gauche jusqu'à la victoire. Il faut de l'expérience, ça tombe bien : "J'ai de l'expérience", assène-t-il.

"Ma candidature, c'est aussi une révolte : je suis révolté à l'idée que la gauche soit disqualifiée." Car c'est bien ce qui plane sur la gauche aujourd'hui, la menace d'une éviction dès le premier tour de la présidentielle, en mai 2017.

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