En Angleterre, une manifestation sous gaz hilarant va avoir lieu

Le 1er août 2015, des milliers de Britanniques ont prévu de se rassembler d'une manière peu ordinaire pour manifester contre l'interdiction de leurs psychotrope favori. 

Des Britanniques sont en colère. La raison de ce courroux ? Le gouvernement a décidé de bannir plusieurs douzaines de leurs psychotropes préférés. En effet, le 9 juin dernier, le projet de loi "Psychoactive Substance Bill", qui entend s'appliquer à "toute substance prévue à la consommation humaine capable de produire un effet psychoactif", a été présentée au Parlement. 

Des centaines, voire même des milliers de manifestants ont prévu de se réunir le 1er août prochain devant le Palais de Westminster, où se trouvent les deux chambres du Parlement du Royaume-Uni. Ils prévoient d'inhaler en masse du protoxyde d'azote, mieux connu sous le nom de gaz hilarant, pour protester contre sa criminalisation.

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Cette substance était initialement utilisée en cuisine pour les siphons ou par les hôpitaux en tant que gaz hilarant. En 2013 et 2014, environ 470 000 personnes en auraient consommé au Royaume-Uni en tant que drogue, soit 100 000 individus de plus par rapport à l'année précédente.

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Des hors-la-loi sous gaz hilarant

Ce gaz est consommé comme une drogue récréative car il produit un effet psychoactif relaxant. Et s'il est aussi apprécié, c'est que contrairement aux drogues psychédéliques plus fortes, ses effet sont brefs et disparaissent au bout de quelques secondes seulement. Et, cerise sur le gâteau, il est très, très facile de s'en procurer.

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Les défenseurs du gaz hilarant arguent que la dangerosité du protoxyde d'azote est minime par rapport à d'autres substances psychoactives disponibles sur le marché comme l'alcool, la caféine ou la nicotine. Aussi, ils soulignent que cette nouvelle législation donnera le pouvoir aux autorités de non seulement saisir et détruire ces produits, mais aussi d'arrêter les consommateurs.

Considérant le fait que le gaz hilarant est la deuxième drogue la plus utilisée du pays, beaucoup pourraient être classés comme hors-la-loi si la loi passe.

The Psychedelic Society wants to send the message: "My mind, my choice!" (Photo: Matthew Kirby)

The Psychedelic Society veut faire passer un message simple : "ma tête, mon choix !" (Photo: Matthew Kirby)

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La manifestation organisée par The Psychedelic Society défend le libre arbitre et la responsabilité des consommateurs de drogues récréatives. Leur évènement Facebook a déjà plus de mille participants qui, à 15 heures le 1er août prochain, inhaleront de concert le gaz contenu dans des ballons de baudruche.

Leur message est résumé dans leur hashtag "#mymindmychoice", soit "ma tête, mon choix" :

Nous devrions être libres d'acheter, de vendre, et de consommer les substances de notre choix si c'est fait de façon responsable et sans danger pour autrui. Ce sont nos corps, nos têtes, et nous devrions pouvoir être libre d'en faire ce que bon nous semble.

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Lorsqu'on les interroge, de nombreux utilisateurs de drogues récréatives et leurs sympathisants pensent que le gouvernement rejette les substances psychoactives car leurs effets sur l'esprit pourraient limiter le contrôle qu'il exerce sur la population.

Pour l'instant le protoxyde d'azote est considéré comme une drogue à faible risque. Pour autant, un risque mortel subsiste : lors de l'inhalation, l'arrivée d'oxygène jusqu'au cerveau est temporairement arrêtée. 17 personnes en sont mortes entre 2006 et 2012. Un nombre ridicule comparé aux victimes de l'alcool et de la cigarette, s'élevant respectivement à environ 8 000 et 100 000 morts par an au Royaume-Uni.

Par Lydia Morrish, publié le 15/06/2015

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