Par Mélissa Perraudeau

Le ministère de la Santé malaisien a lancé un concours de vidéos anti-LGBT, offrant jusqu’à 1 000 dollars à celles qui permettront le plus efficacement d'"éviter" l’homosexualité.

© Ludovic Bertron/ Wikimedia/CC

© Ludovic Bertron/Wikimedia/CC

La Malaisie fait de nouveau parler d’elle en matière de discrimination de la communauté LGBT. En mars dernier, le Conseil malaisien de la censure avait voulu censurer – en vain – un "moment gay" du film La Belle et la Bête. Après la mobilisation d’élus et la médiatisation de la censure, le film était finalement sorti dans son intégralité, avec un avertissement pour les moins de 13 ans.

L’homosexualité reste cependant interdite dans le pays, et est passible d’une peine de prison, de châtiments corporels ou d’amendes. Pour la "prévenir", le ministère de la Santé a lancé sur son site un concours de vidéos de propagande mettant en scène des "pratiques de vie saine", et offre jusqu’à 1 000 dollars à celles qui seront le plus efficaces pour "éviter" l’homosexualité.

Un concours condamné par les militants

Le concours est ouvert aux jeunes de 13 à 24 ans, lesquels ont pour consigne de montrer "les problèmes et les conséquences" de l’homosexualité, définie par le site du ministère comme une "confusion des genres". Le but est de "prévenir l’homosexualité, de la contrôler, et d'obtenir de l’aide".

Les militants pour les droits des homosexuels ont tout de suite dénoncé et condamné le concours. Nisha Ayub, militante trans, a déclaré à LCI qu’il s’agissait d’une "incitation à la discrimination, la haine et même la violence envers les minorités". Un porte-parole anonyme de la page Facebook LGBT Malaisie a cependant expliqué à Dazed qu’il n’était "pas du tout choqué" par la nouvelle :

"Ce n’est pas la première fois que le gouvernement approuve quelque chose d’aussi abject. Le ministère de l’Éducation a précédemment publié des 'instructions générales' pour que les parents puissent identifier les LGBT et probablement prendre des 'mesures de correction'."

Pour ce militant, il y a donc urgence à "sensibiliser aux dégâts causés par l’homophobie" en Malaisie, où la condition de la communauté LGBT est loin de s’arranger.