Main dans la main, Google et la Nasa découvrent ensemble une exoplanète capitale

Jeudi 14 décembre, alors que les États-Unis prononçaient leur divorce avec la neutralité du Net, le pays connaissait en même temps un heureux mariage : celui de Google et de la Nasa. Union qui a engendré la découverte d’une exoplanète, Kepler-90i.

Ce à quoi pourrait ressembler la vue sur Kepler 90i. (© Nasa

Des exoplanètes – les planètes qui se trouvent hors de notre système solaire –, le télescope spatial Kepler, propriété de la Nasa, en découvre beaucoup et souvent (2 341 découvertes depuis 2009 pour être précis). Ceci est bien normal puisque c’est le job de Kepler à plein temps.

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Ce 14 décembre, la Nasa a choisi d’annoncer sa découverte au monde entier : l’exoplanète Kepler-90i, 30 % plus grande que la Terre et affichant une température de 427 °C à sa surface (une seconde exoplanète a été découverte, Kepler-80g, mais son importance est moindre, vous allez tout de suite comprendre pourquoi).

Kepler-90i est la huitième exoplanète du système planétaire Kepler-90, logé à 2 545 années-lumière de chez nous. Huit planètes ? Vous ne tiltez pas ? C’est exactement le même nombre de planètes que dans notre système solaire à nous.

Kepler, c’est lui. (© Nasa)

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Avec ses huit planètes et l’agencement presque croissant de ses troupes (les petites planètes sont les plus proches de l’étoile), le système Kepler-90 est donc officiellement le premier jumeau du nôtre. Enfin, faux jumeau… Kepler-90 est beaucoup plus petit et les distances entre ses planètes sont beaucoup plus rapprochées, comme le montre l’illustration suivante :

© Nasa/Ames Research Center/Wendy Stenzel

Le coup de main de Google

À l’origine de l’initiative, il y a Chris Shallue, un ingénieur de Google spécialisé en intelligence artificielle (IA) qui raconte son histoire sur le blog de son entreprise. Passionné d’astronomie, il décide d’y consacrer les 20 % de "temps libre" que Google octroie théoriquement à ses employés outre-Atlantique. Chris Shallue prend contact avec Andrew Vanderburgh, un astrophysicien de l’Université du Texas à Austin, et propose de l’aider à décrypter les nombreux résultats du télescope Kepler.

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Un mot sur Kepler. Ce télescope spatial est donc chargé de découvrir de nouvelles exoplanètes. Pour ce faire, il scrute les étoiles. Plus précisément, il détecte les minuscules taches noires que provoquent les exoplanètes lorsqu’elles passent devant une étoile et masquent la lumière. En quatre ans, Kepler s’est penché sur environ 200 000 étoiles. 14 milliards de points en sont ressortis.

Google est intervenu dans l’opération de tri. Car chaque point ne correspond pas forcément à une exoplanète. Les deux chercheurs ont donc "nourri" leur IA avec 15 000 signaux que le télescope avait enregistrés. Certains de ces signaux comportaient des taches issues du passage d’exoplanètes, d’autres taches correspondaient au passage d’autres corps.

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L’IA a ensuite appris d’elle-même à distinguer les vrais points des faux points, avec une fiabilité de 96 %, selon l’ingénieur et le chercheur. L’IA a ensuite été chargée de passer 670 étoiles au peigne fin, débouchant in fine sur la découverte de Kepler-90i. Au passage, si vous avez compris ce qui vient de se dire, vous avez également compris, dans les grandes lignes, ce qu’est le machine learning.

À l’avenir, la Nasa espère découvrir d’autres exoplanètes. Avec, à la clé, peut-être, un deuxième faux jumeau ?

© Nasa/Ames Research Center/Wendy Stenzel and The University of Texas at Austin/Andrew Vanderburg

Par Pierre Schneidermann, publié le 15/12/2017

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