Un magazine imprimé avec du sang de personnes séropositives

Le magazine autrichien Vangardist a été imprimé avec du sang de personnes séropositives afin de dénoncer la stigmatisation des victimes du SIDA.

Les deux éditions de printemps du magazine Vanguardist : la version standard à gauche, et celle imprimée avec du sang séropositif à droite.

Les deux éditions de printemps du magazine Vangardist : la version standard à gauche, et celle imprimée avec du sang séropositif à droite.

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Le magazine masculin Vangardist a voulu marquer le coup. Prévue pour coïncider avec le Life Ball – le plus grand événement européen dédié au SIDA –, la publication de l'édition "#HIVHeroes" comprend 3 000 copies écrites avec un mélange d'encre et de sang de personnes séropositives. Mais "rien ne peut vous faire de mal lorsque vous tenez le magazine, et rien ne peut vous faire de mal quand vous tenez dans vos bras une personne séropositive", rappelle le rédacteur en chef Julian Wiehl, tel que le rapporte The Guardian.

Le parallèle établi n'est bien sûr pas le fruit du hasard : il s'agit à travers cette édition spéciale, conçue avec l'agence Saatchi & Saatchi Switzerland, de porter l'attention sur les personnes infectées par le Sida, qui sont encore victimes de préjugés liés à leur pathologie. Parmi les trois donneurs, Wiltrut Stefanek, une femme de 45 ans malade du Sida depuis 20 ans, aussi à la tête d'un groupe d'aide aux personnes infectées par le VIH, s'est exprimée à ce sujet dans le magazine :

Je veux que les gens comprennent qu'en rapport avec la vie de tous les jours, le VIH ne présente de risques pour personne.

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Le Vangardist a aussi eu recours à deux autres donneurs : un homme gay et un homme hétéro. Comme l'a expliqué Jason Romeykodirecteur de la création chez Saatchi & Saatchi, à Dezeen : "Nous voulions emmener l'image des patients atteints du VIH au-delà du stéréotype gay".

Les gains seront reversés à des associations

L'édition spéciale est consacrée aux "HIV Heroes" ("Héros du VIH"), soit aux individus qui soutiennent les victimes du Sida. Elle ne comporte que du texte en couverture, alors que la version standard du numéro – tirée à 15 000 exemplaires – présente un mannequin, selon l'habitude de The Vangardist.

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L'imprimeur Donau Forum Druck est le seul à avoir accepté de produire le journal, comme le rappelle Dezeen. Cependant, afin de ne prendre aucun risque, le Vangardist a suivi les différentes règles établies par Harvard et l'université d'Innsbruck, permettant d'assurer que les contacts avec le magazine ne présentent aucun danger.

Les numéros seront vendus à 50 euros, les textes étant bilingues anglais-allemand. Tous les profits seront reversés à des associations caritatives.

Par , publié le 06/05/2015

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