Un magasin sur deux ne respecte pas la loi sur la vente des pesticides

Près d’une entreprise sur deux ne respecte pas l’interdiction de la vente en libre-service de pesticides.

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(© Pixabay)

Une enquête de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), publiée mardi 11 juillet, révèle que 44 % des enseignes ne respectent pas la législation entrée en vigueur en janvier dernier interdisant la vente en libre-service de pesticides. Il est ainsi possible d’obtenir des produits comme des désherbants dangereux pour l’environnement et la santé (Roundup, Fertiligène, produits antirepousse…) dans des rayons en libre-service des magasins.

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L’association de consommateurs a mené sur deux mois une enquête "client mystère", en effectuant 158 contrôles anonymes à travers 32 départements : 79 % d’enseignes spécialisées (Mr. Bricolage, Bricomarché, Castorama, Jardiland, Truffaut, etc.) et 21 % de grandes surfaces disposant d’un espace dédié au jardinage. Conclusion : "44 % des enseignes sont en infraction avec la réglementation puisqu’elles proposent à la vente, dans leur espace libre-service, des produits dangereux qui ne devraient être vendus que par un vendeur spécifiquement formé."

Un cruel manque d’information des clients

Comme le rappelle l’association, depuis le 1er janvier 2017, la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (LAAAF) interdit la vente des pesticides chimiques les plus dangereux dans les rayons en libre-service. Théoriquement, les pesticides chimiques doivent donc être placés dans un espace dédié, et un conseiller doit obligatoirement être présent donner les conseils d’utilisation spécifiques à ces produits toxiques. Mais, visiblement, il y a un fossé entre la législation et la réalité.

Selon l’enquête, 20 % des magasins continuent de vendre des pesticides uniquement en accès direct. Et lorsqu’un vendeur a pu être interrogé, dans 36 % des cas, aucun conseil n’a été prodigué (ou alors un conseil limité). Les éléments essentiels – comme la présence d’un chien ou d’un potager, les protections à prévoir (masque, gants…), ou encore la méthode d’utilisation – n’ont pas été abordés. La plus mauvaise élève en la matière est la grande distribution, avec 49 % des enseignes qui ne respectent pas la loi, contre 30 % chez les enseignes spécialisées.

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L’association rappelle pourtant que certains de ces produits contiennent des perturbateurs endocriniens et sont
potentiellement cancérigènes. Elle demande donc que leur interdiction pure et simple soit adoptée avant 2019,
date à laquelle la vente de ces produits doit être totalement interdite aux particuliers. Environ 66 600 tonnes de produits phytosanitaires sont utilisées en France, faisant de notre pays le deuxième plus gros consommateur européen après l’Espagne.

Par Jeanne Pouget, publié le 13/07/2017

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