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Macron invite Trump pour le traditionnel défilé du 14-Juillet

Publié le

par Théo Mercadier

Le président américain a fait savoir qu’il étudierait la possibilité de cette visite, qui doit célébrer les 100 ans de l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale.

Prenez une bonne dose de com', ajoutez-y une louche de realpolitik, mettez le tout au four médiatique, et paf ! Ça donne une invitation d’Emmanuel Macron au président américain pour venir assister au défilé du 14-Juillet. L’annonce a été faite par l’Élysée après un coup de fil entre les deux chefs d’État, au cours duquel ils ont notamment traité du dossier syrien et de l’organisation du prochain G20 à Hambourg, les 7 et 8 juillet. Le ton de la conversation était plutôt cordial. D’après BFM TV, Donald Trump a commencé par féliciter Macron pour sa victoire aux législatives et, avant de raccrocher, le président français a convié son homologue à venir assister à la cérémonie. Une invitation qu’il lui avait déjà soumise à l’occasion du sommet de l’OTAN.

Serait-ce un signe de détente entre les deux hommes, dont les relations ont été passablement atteintes par les passes d’armes autour de la question du climat ? Les deux pays alliés en auraient bien besoin. "Si Emmanuel Macron a su montrer, sur le climat, que la France pouvait donner de la voix, les États-Unis restent notre principal allié militaire. On a besoin d’eux pour à peu près tout. On ne va pas se fâcher durablement", explique un conseiller diplomatique à Europe 1. Pas rancunier, Donald Trump a fait savoir qu’il allait "étudier la faisabilité" du projet.

De la realpolitik donc, mais pas que. Cette année, nous célébrons les 100 ans de l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale aux côtés des forces françaises, et le protocole diplomatique voudrait donc que le résident de la Maison-Blanche se joigne à la fête. D’après l’historien Thomas Snégaroff, il faut remonter à 1989 pour retrouver une telle visite.

Si certains médias n’hésitent pas à décrire cette invitation comme un coup d’éclat, quelques semaines seulement après la venue de Vladimir Poutine à Versailles, des voix discordantes émergent : "Monsieur Trump n’est pas le bienvenu à la fête du 14-Juillet, a assené Jean-Luc Mélenchon sur Europe 1. La fête du 14-Juillet est celle de la liberté des Français. Monsieur Trump représente l’Otan et l’asservissement de notre nation à une coalition internationale dans laquelle elle ne joue aucun rôle." Partout où il passe, le président américain sème la zizanie. Au Royaume-Uni, sa venue en janvier avait provoqué une vague de contestations inédite : une pétition adressée à la Première ministre Theresa May lui demandant d’annuler la visite avait ainsi été signée par 1,8 million d’internautes en colère, et des manifestations avaient été organisées dans de nombreuses villes britanniques.

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