AccueilÉDITO

L'Unicef alerte sur les inégalités grandissantes entre les enfants en France

Publié le

par Théo Chapuis

D'après l'Unicef, les inégalités entre les enfants français en termes d'éducation, de santé et de satisfaction dans la vie sont alarmantes.

<em>La vie est un long fleuve tranquille.</em>

L'Unicef a dévoilé ce jeudi 14 avril son rapport "Équité entre les enfants". Portant sur l'égalité entre les enfants dans 37 pays riches membres de l'UE et de l'OCDE, l'étude se base sur quatre critères : les revenus familiaux, la santé, l'éducation et la satisfaction dans la vie. Or la France n'a vraiment pas de quoi se vanter : elle arrive respectivement en 13e, 23e, 28e et 35e position.

Sébastien Lyon, directeur général d'Unicef France accuse un "déploiement inégal des services et des ressources au détriment des enfants les plus vulnérables, ayant pour conséquence une accumulation des difficultés pour ces derniers". De son côté, Olivier Thévenon, économiste à la division des politiques sociales de l'OCDE avertit dans Le Monde : "la France est particulièrement mal placée, [...] ce pays est parmi les plus inégalitaires, la situation est vraiment en train de déraper."

L'Hexagone occupe la 13e place du classement, une place "moyenne". En France, les écarts de revenus ne sont pas si importants entre les catégories de la population et, en comparaison d'autres pays, une part moindre d'enfants vit sous le seuil de pauvreté. "Cela prouve que les amortisseurs sociaux ont, en France, une vraie efficacité pour les familles les plus vulnérables. Il faut donc les conserver", analyse Sébastien Lyon pour La Croix.

Éducation

Mais pour tout le reste, le pays est largement à la traîne : la France est marquée par des situations très inégalitaires dans les domaines de l’éducation, de la santé ou encore de la satisfaction dans la vie. L'Unicef a beau noter que le pays a les moyens d'être en tête des États pratiquant une politique d'éducation équilibrée, les inégalités subsistent, et se sont même accrues entre 2003 et 2012.

Sébastien Lyon remet en cause l'efficacité du système éducatif car, d'après lui, "on ne dirige pas les moyens vers les élèves qui ont le plus besoin d'être soutenus".

Santé

Le système de santé français a beau être réputé pour sa valeur, il montre lui aussi de grandes disparités de fonctionnement : plus de 30 % des enfants âgés de 11, 13 et 15 ans se plaignent quotidiennement de douleurs et de problèmes de santé parmi lesquels maux de tête, de dos ou de ventre, vertiges, nervosité, déprime, problèmes de sommeil... Pointant du doigt une mauvaise alimentation et un déficit d'activités physiques, Sébastien Lyon estime auprès de 20 Minutes que "ces données montrent que l’on écoute mal les maux des enfants dans notre pays".

Les auteurs du rapport remarquent d'ailleurs que la situation est plus inquiétante encore pour les jeunes filles que pour les jeunes garçons : "Dans 34 pays examinés, les probabilités pour que les filles soient laissées-pour-compte en termes de santé sont nettement plus élevées", écrivent les auteurs du rapport. Ils ajoutent que ces problèmes de santé déclenchés à l’adolescence ont de grandes chances de se poursuivre à l’âge adulte.

Satisfaction dans la vie

Nouveauté dans ce rapport : les chercheurs ont interrogé les enfants eux-mêmes pour savoir s'ils aimaient ou non leur vie. Et, là encore, la France brille par ses inégalités, qui la placent à la 28e place : le taux d'enfants qui ne sont pas satisfaits de leur vie est fort, et un large fossé existe entre les moins et plus satisfaits.

"Ce rapport met aussi en lumière l’inégalité entre les garçons et les filles. Quinze pour cent des garçons âgés de 15 ans estiment ne pas être satisfaits de leurs vies. Ce pourcentage monte à 30 % pour les filles du même âge. La différence est donc du simple au double", explique Sébastien Lyon à La Croix. Et de conclure :

"D’une manière générale, le rapport montre que les politiques publiques françaises laissent de côté les plus vulnérables, en ne prenant pas en compte les spécificités de ces populations."

À voir aussi sur konbini :